Rachat de T-Mobile : quelles sont les chances d’Iliad contre Sprint ?

Rachat de T-Mobile : quelles sont les chances d’Iliad contre Sprint ?
Ils sont deux à vouloir se payer la filiale américaine de Deutsche Telekom, T-Mobile. D’un côté, l’autre opérateur américain Sprint, n° 3 du marché, planche sur le dossier depuis plusieurs mois. De l’autre Iliad maison-mère de Free, jusque là, ne cherchait pas vraiment à s’internationaliser.
 
Iliad peut-il vraiment l’emporter ? 
 
Le principal atout de la maison-mère de Free, reste l’atout concurrentiel. En effet, les régulateurs américains ne sont pas favorables à un retour à trois opérateurs nationaux comme le prévoit le projet de fusion entre Sprint et T-Mobile. Alors que les Etats-Unis disposent des forfaits téléphoniques parmi les plus chers au monde , un retour à trois opérateurs poserait de sérieux problèmes de concurrence. Iliad, en revanche, n’étant pas implanté aux Etats-Unis ne poserait pas ce genre de chamboulement dans le secteur, permettrait de conserver quatre acteurs et resterait dans la lignée de T-Mobile, acteur le plus agressif sur le marché des télécoms américains.
 
Pour Cragi Moffett analyste pour MoffettNathanson, la fusion Sprint-T-Mobile a de "très fortes chances d’être bloquées", même si la combinaison des deux opérateurs américains ne le plaçait toujours qu’en troisième position derrière AT&T et Verizon.
 
Cette tendance s’est également renforcée depuis que vendredi, la FCC, Fédéral Communications Commission, a annoncé vouloir interdire une enchère commune de Sprint et T-Mobile lors du prochain appel à fréquences.
 
Autre problème, faisant les affaires de la maison-mère de Free : si Sprint et T-Mobile venaient à fusionner, il leur faudrait résoudre de gros problèmes concernant les normes de leurs réseaux, si le premier utilise la norme CDMA, le second utilise le GSM. Résoudre leur problème de compatibilité demanderait beaucoup de temps et d’argent. Quant aux synergies issues de cette fusion, elles restent minimes, les deux opérateurs ayant des réseaux similaires disposant de grosses carences en zones rurales.
 
Si ces handicaps à la fusion Sprint-T-Mobile font les affaires d’Iliad qui pourrait tenir la corde par la simplicité de cette transaction, l’offre de la maison-mère de Free a elle aussi ses limites.
 
L’offre du groupe français est inférieur à l’offre supposée de Sprint. A 33€ l’action contre 40 € pour l’opérateur américain, Iliad ne prendrait que 56,6 % du capital pour 15 milliards de dollars. Si la société de Xavier Niel promet 10 milliards de synergies permettant une valorisation à 36,2 dollars par action, "au bénéfice des actionnaire T-Mobile, on reste en dessous de ce que proposerait Sprint.
 
Pour Jonathan Atkin, RBC de Capital Market, ces synergies promises sont exagérées pour "deux entreprises"qui "opèrent sur des territoires différents".
 
Autre argument, la puissance de feu et d’investissement des deux opérateurs Sprint, qui dispose des ressources financières de Softbank, actionnaire majoritaire de Sprint a dégagé 3,8 milliards de dollars de profits contre 265 millions d’euros pour Iliad. De quoi inquiéter les actionnaires de T-Mobile dont le réseau en zone rurale nécessite quelques investissements.
 
Si une fusion Sprint T-Mobile permet à la nouvelle entité de revenir à hauteur des deux géants qui se battent pour rester leader, la poursuite seule de Sprint et d’un T-Mobile-Iliad risque de creuser un écart conséquent entre les 2 premiers acteurs et les deux suivants.
 
Source : Le Monde