Interview Xavier Niel : ‘On est disposé à participer à toutes opérations de consolidation’

Interview Xavier Niel : ‘On est disposé à participer à toutes opérations de consolidation’
 
Xavier Niel a accordé une interview à l’occasion des 20 ans de Fidelity France, un des investisseurs qui est aux cotés d’Iliad depuis plusieurs années. Le fondateur de Free est revenu sur les dossiers chauds du moment.
 
Tout d’abord en ce qui concerne la contre-attaque de Bouygues Télécom dans le fixe, qui a baissé les tarifs de l’ADSL et de la fibre, Xavier Niel a déclaré « On a toujours vécu dans un métier dans lequel on essaye d’avoir autour de 50% de marges brutes. Là où ailleurs dans les télécoms c’est plutôt d’avoir 70 à 90% de marge brute. La France a toujours été un des marchés où l’Internet fixe est le moins cher au monde. A un moment donné, certains acteurs peuvent avoir des envies différentes, ou de lancer des opérations marketing non rationnelles, avec une arrière-pensée autre que de créer de la valeur. »
 
 
Mais c’est surtout sur la question du rachat de Bouygues Télécom que Xavier Niel était attendu. Il a assuré qu’il n’avait "pas envie que le marché se concentre" : "On est ravi d’un marché à 4 acteurs, on adore la concurrence. Donc quand on aime la concurrence, on n’a jamais envie que le marché se concentre. Maintenant il y a un certain nombre d’acteurs qui pour des raisons qui leur sont propres, ont envie que le nombre d’acteurs diminue, soit par ce qu’ils souhaitent acheter un acteur, soit par ce que certains acteurs souhaitent se vendre, par ce qu’ils n’ont plus de croissance, par ce qu’ils ont fait des erreurs stratégiques »
 
Et Xavier Niel d’expliquer que si le marché devait se réduire il « se doit de regarder ce qu’il ce passe sur ce marché ». « Nous on avait souhaité racheter il y a 18 mois SFR, l’Autorité de la concurrence avait prévenu qu’elle n’accepterait pas ce rachat, non pas pour des raisons de parts de marché mais par ce qu’ils estiment qu’on est le maverick [NDLR : un franc-tireur] sur le marché français et qu’il faut nous armer mais nous laisser indépendant pour continuer à animer le marché. Ca, ça a été une de nos tristesses »
 
« On vit avec le fait qu’on soit l’acteur qui met de la concurrence sur ce marché et qui est donc souvent celui qui a le plus de mal à racheter ses concurrents. Mais quand quelque chose bouge, on est toujours là, et toujours disposé à participer à toutes opérations de consolidation sur ce marché là » a-t-il conclue