Mutualisation SFR-Bouygues : L’ARCEP et l’Autorité de la Concurrence émettent des réserves

Mutualisation SFR-Bouygues : L’ARCEP et l’Autorité de la Concurrence émettent des réserves

 Si hier, à l’occasion de sa conférence de presse, l’ARCEP a rappelé qu’il était favorable sur le principe à la mutualisation des réseaux entre opérateurs, le premier exemple concernant l’accord de mutualisation entre Bouygues et SFR pourrait mal se terminer.

 En effet, selon les Echos, l’ARCEP, saisie par l’Autorité de la Concurrence, elle même saisie par Orange, aurait rendu un avis confidentiel défavorable sur plusieurs points.
 
SFR interrogé par l’Autorité de la Concurrence aurait reconnu que l’itinérance 4G faisait partie de l’accord entre les deux opérateurs. SFR, qui est à la traine sur son déploiement 4G, souhaiterait disposer d’un accord d’itinérance de 2 ans sur le réseau Bouygues, notamment sur la bande 1800 Mhz. Ce volet de cet accord qui n’avait pas été rendu public. A ce titre l’ARCEP estime que SFR disposerait d’un avantage trop important par rapport à ses concurrents ayant lourdement investi dans les réseaux de nouvelles génération.
 
Ayant pris avis auprès du régulateur des télécoms, le gendarme de la concurrence pourrait donc prendre des "mesures conservatoires" et mettre à mal un projet de mutualisation d’une majeure partie du réseau des deux opérateurs. Le projet pourrait également être mis en stand by le temps d’être retoqué par les instances décisionnaires.
 
A qui profite le crime ? Orange est l’opérateur qui a saisi l’Autorité de la Concurrence, souhaite dénoncer cet accord, toujours en vue d’un potentiel rachat/mutualisation avec Bouygues. De son côté Bouygues, depuis l’échec des négociations en vue du rachat de SFR, les relations se sont refroidis entre les deux opérateurs. Rendre ce contrat caduque donne une bonne porte de sortie pour Bouygues Télécom qui aurait du payer une lourde compensation à SFR en cas de désengagement de cet accord de mutualisation.
Source : Les Echos