Interception de données : opération transparence pour Vodafone

les scandales de Prism, les rumeurs d’écoutes des communications par la NSA, celles qui concernent Orange voire l’ensemble des opérateurs français avec la DGSE, l’opérateur Vodafone a décidé de jouer cartes sur table.
 
Sur son site, l’opérateur a publié un rapport dans lequel il a compilé l’ensemble des données concernant les demandes d’interception des gouvernements des pays dans lequel il est présent.
 
Dès l’introduction, Vodafone donne le ton :
 
"Nos clients ont un droit à la vie privée qui est inscrit dans la loi et les normes internationales des droits humains et adopté par les législations nationales. Respecter ce droit est l’une de nos plus grandes priorités."
 
Pourtant l’opérateur annonce que dans tous les pays où il est présent soit 29 pays, "nous devons respecter les lois de ces pays qui nous obligent à divulguer des informations sur nos clients à des organismes d’application de la loi ou d’autres autorités gouvernementales, ou de bloquer ou de restreindre l’accès à certains services."
 
Selon The Guardian et alors que l’opérateur estime ne pouvoir dévoiler le nom de ces pays, 6 de ces pays disposent d’un accès total au réseau de Vodafone. Ces derniers peuvent donc accéder à l’ensemble des données des clients, bloquer des usages sur le réseau de Vodafone sans aucune restriction.
 
Pour Vodafone, "refuser de se conformer aux lois d’un pays n’est pas une option. Si nous ne nous conformons pas à une demande légitime de l’aide, les gouvernements peuvent retirer notre permis d’exploitation, nous empêche de fournir des services à nos clients."
 
Pour autant, les services de Vodafone examinent les textes pays par pays pour connaître les limites de la loi concernant ces interceptions et ne répondre favorablement qu’à celles qui sont légitimes. Il estime néanmoins que dans certains pays ces dernières sont "opaques" et difficiles à en définir les limites.
 
Il publie également pays par pays le nombre de demandes d’interceptions, les exigences de la loi et les moyens techniques mis en place.
 
Pour la France, où Vodafone n’est présent que par le contrat d’itinérance qu’il signe avec d’autres opérateurs concernant le roaming international, Vodafone n’annonce que 3 demandes de divulgation de données.
 
En Republique Démocratique du Congo ce chiffre dépasse les 400 demandes, plus de 7 600 interceptions légale en République Tchèque, plus de 605 000 demande de communications de données en Italie.
 
Si ces pays ont accepté la divulgation du nombre de ces données transmises et des interceptions légales, neuf pays ont refusé que Vodafone divulgue ces données. C’est le cas de l’Albanie partiellement, ou l’Inde entièrement.
 
Vodafone est le premier opérateur international à oser la publication de ce type de rapport complet évoquant l’entière position de l’opérateur sur ce sujet sensible. Espérons que ce procédé fera des émules.
 
Retrouvez l’intégralité de ce rapport en cliquant sur ce lien
 
Source : 01Net