Les syndicats d’Orange dénoncent les dividendes supérieurs aux bénéfices alors que des emplois sont supprimés

Les syndicats d’Orange dénoncent les dividendes supérieurs aux bénéfices alors que des emplois sont supprimés

 
Alors que l’Assemblée Générale des actionnaires d’Orange se tiendra cet après midi à 16h. Les syndicats CFE-CGC de l’opérateur ainsi que l’ADEAS (Association de Défense de l’Epargne et de l’Actionnariat Salariés) ont dénoncé « une nouvelle fois qui aberration, qui ampute l’entreprise des moyens dont elle a besoin pour investir et développer son business ». En effet, pour la 3ème fois dans l’histoire de l’entreprise, et le 2ème exercice consécutif, on proposera aux actionnaires de se voter un dividende supérieur aux bénéfices de l’entreprise. 
 
La CFE-CGC et l’ADEAS assure que les résultats du vote en AG seront sans surprise, et qu’il est certain que le versement d’un dividende de 0,80 € par action, pour un résultat net de 0,71 € par action, sera avalisé par l’Assemblée Générale des actionnaires, et en tout premier lieu par le vote de l’Etat, le premier actionnaire d’Orange.
 
 
Selon les syndicats, pour continuer à servir un dividende, c’est toute l’entreprise qui est mise à mal, et ses perspectives qui sont entravées. Et d’expliquer qu’au « cours de l’exercice 2013, 6 cessions (Orange Austria, Etrali, Sonaecom (Portugal), Orange Dominicana, Wirtualna Polska, Arkadin) ont libéré environ 1 milliard de cash … soit la moitié du dividende versé au titre du même exercice !! Selon l’expression populaire, les actionnaires boivent le fonds de commerce ! Quelle filiale nous contraindront-ils à vendre cette année ? La cession d’Orange Ouganda vient d’être annoncée, et Mobistar serait sur la sellette. »
 
Des dividendes qui ont du mal à passer alors qu’Orange supprime des postes
 
Les syndicats sont d’autant plus remontés que ce versement de dividendes se fait dans un contexte de suppressions de postes. « En 2013, pour la première fois dans l’histoire de l’entreprise, la masse salariale du Groupe a baissé de 6%, essentiellement en raison des suppressions d’emploi qui ont repris : le Groupe a perdu plus de 4 000 équivalents temps plein en 2013, essentiellement répartis entre la France et la Pologne. Dans le même temps, les personnels français, qui fournissent encore la moitié du résultat du Groupe, sont financièrement punis : le budget moyen des augmentations salariales pour 2013 a été de 2,1% en France, pour 3,9% dans le reste du monde, tandis que les parts variables, l’intéressement et la participation fondent d’année en année. » 
 
Enfin c’est également l’Etat, actionnaire à 27% d’Orange, qui est également mis en cause. « Alors que le gouvernement prétend faire de la lutte contre le chômage et la « finance sans visage » une priorité, l’Etat, maintient sa pression sur le versement d’un dividende. Malheureusement, près des 2/3 iront alimenter… des fonds de pension étrangers »