Consolidation dans les télécoms : Free “ne pourra pas échapper aux lois de l’économie”

Consolidation dans les télécoms :  Free “ne pourra pas échapper aux lois de l’économie”

Interrogé par nos confrères de ZDnet, Yves Gassot directeur général de l’Idate revient sur la situation es télécoms qui "n’est pas viable à long terme."

Pour lui, "depuis 2008, la situation empire et la dégradation de la situation s’accélère depuis un an". Il note ainsi que les revenus globaux des opérateurs européens chutent de 12 %. Pour lui, "l’Europe n’a pas fait l’effort d’initier les rapprochements et d’inciter à l’investissement efficace".
 
Il estime ainsi que les opérateurs sont confrontés à trois types de difficultés :
  • L’hyper-concurrence tarifaire au niveau national
  • L’absence de marché européen
  • La concurrence féroce des OTT et des éditeurs de services.
Pour sortir de cette crise des télécoms, "les opérateurs doivent absolument se réinventer, notamment dans les accès."
 
Alors que le débat sur la neutralité des réseaux est au coeur de l’actualité aux Etats-Unis et un des sujets phare des élections européennes qui ont lieu dimanche, la question de la priorisation de services se pose. Pour le directeur général de l’Idate, la question doit se poser :
 
"Dans un péage, il n’est pas scandaleux qu’un camion paye plus qu’une voiture mais pas que deux voitures de la même couleur payent un prix différent."
 
Par cette métaphore, le directeur de l’Idate, jette un pavé dans la marre de la neutralité des réseaux. Il estime ainsi que "le même prix pour tous les accès, toutes les technologies, rendent impossibles le financement des investissements de demain."
 
Il en va selon lui de même avec la différenciation 3G et 4G sur le mobile. " Si on continue à vendre la 4G au prix de la 3G ca ne marchera pas." Il estime que les opérateurs devront imaginer "d’autres leviers de monétisation".
 
la consolidation des acteurs télécoms est également selon lui "une des solutions pour sortir de la guerre des prix". Il estime que ces rapprochements se feront d’abord à l’intérieur des pays, "avant d’être européens pour rivaliser avec les acteurs mondiaux."
 
S’il estime que Free pourrait sortir "gagnant à court terme", d’un retour à trois opérateurs, en particulier si Orange rachète Bouygues, il estime néanmoins que Free "ne pourra pas échapper aux lois de l’économie. Il devra comme les autres investir, déployer" et ne sera pas "à l’écart des contraintes budgétaires."