Piratage d’Orange : 1,3 million de clients touchés. Braquage ou guerre 2.0 ?

Pour la deuxième fois en moins de trois mois, Orange a été victime d’un piratage de grande ampleur. Alors qu’en février, l’intrusion concernait 800 000 clients, cette fois, c’est 1,3 million de clients dont les données ont pu être récupérées. Pour l’opérateur historique, "le sujet est préoccupant et des ingénieurs en sécurité travaillent en permanence sur le sujet."

Mais comme pour les sportifs avec le dopage, le pirate a toujours un train d’avance sur celui qui comble la faille de sécurité que le hacker a révélé.

Pour Martial You, chef du service Economie d’Europe 1, le piratage a changé "ces vols ne sont plus perpétrés par le génie informatique dans sa chambre, mais par des organisations mafieuses installées en Chine et en Russie."

Ces données qui ont été volées représentent également une sacrée manne financière, les données personnelles de quelqu’un ayant une valeur moyenne de 1 € par personne.

Selon l’analyse de notre confrère d’Europe 1, c’est "comparable à un braquage de 1,3 million d’euros".


"C’est comparable à un casse d’environ un… par Europe1fr

Il n’est pas le seul grand groupe a être confronté à ces attaques permanentes. Des géants comme Sony via la Playstation ou Adobe en ont également fait les frais.

Du côté des opérateurs, la CNIL qui exige d’être informé dans les 24 à 72 heures de toute fuite de donnée, a recensé 31 notifications émanant "de façon égale" des opérateurs français depuis 2011.

La France fait également partie des 10 pays les plus touchés avec près de 4 % des attaques loin derrière les Etats-Unis qui représentent seuls 30 % des attaques malveillantes.

L’ANSSI, Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information tire également la sonnette d’alarme et remet sur le devant de la scène l’obligation de sécurité des "opérateurs d’importance vitale".

Craignant une cyberguerre, la loi de programmation militaire (LPM) votée fin 2013 prévoit de renforcer la sécurité de ces entreprises ou organisations dont "l’indisponibilité risquerait de diminuer d’une façon importante le potentiel de guerre ou économique, la sécurité ou la capacité de survie de la nation."

Pour Isabelle Renard, avocate chez Deriennic, "si on met à mal un groupe pétrolier, un ou deux diffuseurs d’eau et un opérateur télécoms, cela suffit à paralyser un pays." 

 Source : Les Echos, Europe1, Le Figaro