Netflix dicte sa loi pour débarquer sur les box françaises

Netflix dicte sa loi pour débarquer sur les box françaises

Son arrivée en France fait grand bruit. Depuis plusieurs mois certains services de médias audiovisuels à la demande craignent l’arrivée du géant américain sur le marché français. Pour la ministre de la Culture et de la Communication, fraîchement renouvelée à son poste, l’arrivée de Netflix doit s’accompagner d’un cadre légal. Depuis quelques mois de nombreuses négociations viennent préparer l’arrivée de Netflix en France.

Mais aujourd’hui, le service de vidéo à la demande, abat quelques-unes de ses cartes concernant son débarquement à l’automne. Aucune implantation en France n’est au programme à l’instar des géants du GAFA, son invasion de l’hexagone se fera depuis le Luxembourg estimant que les exigences de la réglementation française sont trop contraignantes pour le SMAD.

Si Netflix était d’accord pour contribuer au financement des productions françaises, la plateforme n’entend pas respecter ses obligations de promotions des oeuvres françaises et européennes. En effet Netflix souhaite rester maître absolu de sa programmation et de ses mises en avant. Il ne faut pas oublier que fiscalement le Grand-Duché est aussi très avantageux. Le gouvernement ne peut rien faire, Aurélie Filipetti dans un aveu d’impuissance avait avoué "qu’aucune contrainte ne peut s’appliquer pour faire venir chez nous tel ou tel acteur". 

La deuxième étape de son arrivée en France concernait une contractualisation avec les Fournisseurs d’Accès Internet pour proposer ses services directement dans les boxs. Alors que les discussions vont bon train depuis quelques mois, Netflix entend là aussi dicter ses règles du jeu. Le géant américain entend gérer son service de A à Z en imposant aux FAI d’intégrer son lecteur vidéo dans les boitiers des opérateurs télécoms. Pas question de laisser les FAI encoder et compresser les flux de Netflix n’importe comment ! 

Pour l’un des opérateurs interrogé par Les Echos, c’est du jamais-vu : "nous n’avons jamais intégré un lecteur spécifique pour un acteur dans notre box." Pourquoi cette exigence ? L’opérateur répond que le SMAD américain est "très fier de son ergonomie, de sa capacité à analyser les données et de son moteur de préconisations." 

Le passage en force se poursuit sur un autre champ de négociations avec les opérateurs Français sur le sujet des authentifications des utilisateurs crée par les opérateurs que Netflix refuse catégoriquement : "ils ne veulent pas s’interfacer en profondeur avec les opérateurs." Netflix refuse également de signer un accord d’exclusivité avec tel ou tel opérateur. 

Même tarif sur le sujet de l’interconnexion, le trafic de Netflix qui représente 30% du trafic internet en soirée de l’autre côté de l’atlantique, n’a pas signé d’interconnexion directe et payante avec les opérateurs. La question de l’acheminement et du financement des infrastructures réseaux des FAI est donc au coeur des négociations. 

De son côté, Netflix a déjà déniché deux data-centers français pour héberger ses contenus. Le fournisseur de contenu américain chercherait-il déjà à doubler les opérateurs pour servir ses contenus en direct sans passer par les opérateurs. 

Une situation que les opérateurs souhaitent à tout prix à éviter, Orange souhaite éviter un procès Cogent bis concernant le financement d’un opérateur de transit. Free se retrouverait dans le même conflit qui l’avait opposé pendant plus d’un an à Google concernant les difficultés avec Youtube. Pour les opérateurs, si Netflix a prévu d’arriver en France à l’automne, une arrivée sur les boxs n’est pas envisageable avant 2015.

Source : Les Echos