La fracture numérique n’est plus seulement une histoire d’accès au réseau selon le CNNum.

La fracture numérique n’est plus seulement une histoire d’accès au réseau selon le CNNum.

La fracture numérique ne se traduit pas seulement par les manques de réseaux dans certaines zones ou les écarts de débits entre zones denses et zones moins denses. Après 6 mois de travail, le Conseil National du Numérique a rendu son rapport sur l’inclusion numérique, estime qu’il y a des "enjeux d’inclusion numérique" qui "concernent l’ensemble de la population".

Si jusqu’à présent les politiques d’e-inclusion se focalisait d’abord sur les questions de l’accès au réseau et dans une bien moindre mesure sur les accompagnements à l’usage. Si le CNN estime que "la fracture territoriale s’estompe", elle prévient qu’une "population connectée et équipée ne suffit pas à faire une population socialement incluse."

Le CNN note que la Commission Européenne évoquait en 2010 que "quelque 30 % des Européens n’ont jamais utilisé internet. Ces gens, pour la plupart des personnes agées, sans emploi ou à bas revenus, ne disposent pas des compétences, de la confiance en eux et des moyens d’utiliser les médias numériques et ne peuvent donc pas participer à la société contemporaine."

Mais pour le CNN, "les exclus du numériques" sont des cibles mouvantes. Il estime que les connectés d’aujourd’hui peuvent être les exclus de demain.

Le CNN a donc transmis hier à Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’Economie Numérique, une série de recommandations visant à favoriser l’inclusion et l’autonomie des populations dans le numérique autour de 3 axes :

  • La "littératie" tel que l’OCDE la définit consiste en la formation des usages du numérique pour des usages aussi bien "de la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité."

Le CNN préconise de prévoir une manière de les enseigner ou "a minima de construire les moyens par lesquels ils seront acquis." Pour le CNN, fournir à tous les jeunes une véritable culture du numérique "les aidera entre autres à rentrer dans le monde du travail."

  • Le deuxième axe concerne le "pouvoir d’agir" permettant d’atteindre l’épanouissement de chacun dans le numérique, via le "pouvoir de" développer ses habilités et les mettre en application, le pouvoir de s’entourer et le pouvoir de transformer, via le numérique, lui permettant d’interagir avec sa société en temps que citoyen.
  • Enfin le troisième axer concerne un système de médiation. À l’heure de la dématérialisation ( e-administration, relation client des entreprises) qui note qu’elle peut être "déshumanisante lorsqu’elle est imposée et exclusive." Le Conseil National du Numérique note que si dans certains cas la dématérialisation peut être un "magnifiée par son information et sa mise en ligne", elle peut se révéler une perte de temps si l’usager n’arrive pas à utiliser les services, trouver plus difficilement les interlocuteurs humains et finalement aboutir à un non-recours à certains droits par découragement.

Le CNN préconise ainsi l’installation des "médiations durables qui s’appuient sur le numérique."