La guerre Google-Free fait tâche d’huile aux Etats-Unis

La guerre Google-Free fait tâche d’huile aux Etats-Unis

En janvier, Free avait lancé une offensive contre Google en activant un Ad-Block sur les Freebox pendant quelques jours. En cause, des soucis d’interconnexion entre Free et Youtube. Le fournisseur de contenu commençait à accaparer une grande partie des capacités de l’opérateur qui aurait donc du investir pour augmenter sa capacité de traffic.

Free demandait donc une contribution au financement des coûts d’interconnexion. En janvier Xavier Niel, directeur de la stratégie de Free estimait que l’opérateur "était le seul à avoir eu le courage d’établir un rapport de force" avec les grands fournisseurs de contenus américain. En moins d’un an, les choses ont bien changé…

Si Free a depuis déclaré
que le dialogue était rétabli avec Google et que les discussions avançaient avec le moteur de recherche, ce sont les opérateurs américains qui s’y mettent. En cause, entre 21h et minuit, 1/3 du trafic internet américain ne concerne que les services de l’autre géant des contenus américains : Netflix.

Résultat, la situation Free-Youtube se répète en outre-atlantique. Les FAI doivent investir des sommes colossales dans le renforcement de leur infrastructure pour un service en particulier :Netflix qui lui en revanche ne débourse pas un dollar pour le financement de ces infrastructures.

Verizon en tête de liste, la rébellion s’organise. Le FAI américain est en ce moment en procès avec l’agence de régulation américaine des télécoms (l’équivalent américain de l’ARCEP) à la Cour d’appel du district de Columbia. Verizon réclame la possibilité d’offrir une meilleure qualité de trafic à certains sites plutôt qu’a d’autres, en freinant certain et même éventuellement en les bloquant. Une remise en cause de la "neutralité du Net" aux USA pourrait ainsi remettre en cause tout le financement de l’Internet Mondial.

Certains, comme Google-Youtube, Amazon ou Netflix, ou Sony pour sa Playstation 4 pourraient ainsi "s’acheter" une qualité de services, contribuant ainsi au financement des réseaux des FAI et ainsi augmenter leur main-mise sur la toile. En revanche, les FAI en cas de non-paiement de ce trafic pourrait également freiner ou bloquer l’accès à ces sites. Les associations de défense de la Neutralité du Net crient au bridage de l’innovation dans le secteur de l’Internet et la mise en danger des "jeunes pousses" incapables de se mesurer aux "geants du Net".

Cette idée avait également été soumise au paquet télécoms Européen de Neelie Kroes. Si le projet Européen interdit le blocage ou la dégradation de certains services par les opérateurs, "les fournisseurs de contenus et les FAI doivent être libres de conclure des accords pour transmettre les volumes de données ou le trafic concernés avec une qualité définie ou avec une capacité dédiée."

L’internet à plusieurs vitesses se dessine à l’heure où les analystes estiment que le trafic de la vidéo sur internet pourrait tripler d’ici 2017.

Source : Les Echos