Octave Klaba (OVH) : “Au départ, je me suis inspiré de Free”

Octave Klaba (OVH) : “Au départ, je me suis inspiré de Free”

Créée en 1999 par Octave Klaba, alors étudiant à l’ICAM Lille, l’hébergeur français de site est depuis devenu le leader européen de l’hébergement de site. Avec une croissance minimale de 35 % par an et un chiffre d’affaire de 200 millions d’euros attendue en 2013, le fondateur d’OVH ne cache pas ses ambitions de devenir "numéro un mondial, même si… c’est quand même du boulot."

La famille Klaba, propriétaire d’OVH est parti de rien, "on est arrivé comme des brutes sans rien en poche", des serveurs fabriqués maison et un système de refroidissement conçu par son père, une véritable entreprise familiale : " je travaille avec ma famille parce qu’ils sont compétents, et parce que je peux leur demander plus qu’aux salariés. Bon au début ce n’était pas toujours facile avec mon père. Chacun a dû trouver sa place."

En 2001, l’entreprise grossit et commence à manquer de place. Il rencontre en ligne Xavier Niel, qui lui vient de lancer Free. OVH déménage donc dans un data center abandonné dans le 11ème arrondissement. La demande explose et en 2003, lorsque les banques tournent le dos à un OVH déjà rentable, Free lui permet de louer un autre data center. Octave Klaba avoue même qu’ "au départ je me suis inspiré de Free."

Réinvestissement du capital, recherche et développement en interne, OVH pratique la politique de la discrétion. Installé depuis à Roubaix, l’entreprise à repris la devise des industriels du nord "le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit."

Une discrétion qui lui a fait défaut. l’Etat n’a pas pensé à OVH pour l’hébergement de ses sites sensibles. Un marché public de 150 millions d’euros lui est également passé sous le nez quand l’Etat s’est décidé de développer un "Cloud Français", technologie qu’ OVH maîtrisait déjà. OVH ne court pas après les subventions, ni après les liens avec les autres opérateurs : "On en a jamais eu besoin, monter un dossier ça prend trop de temps . Orange et SFR ne veulent pas travailler avec nous, mais ils font des choses qui existent déjà."

Des services pour lesquels Orange et SFR dépensent 300 millions d’euros quand OVH prétend sur Twitter avoir développé le même service pour seulement 40 millions. Une discrétion qui l’handicape sur le marché mais qui permet à l’opérateur de rester loin des guerres d’opérateurs.

Source : Le Monde