Bouygues Télécom : Un double discours difficile à tenir face à Free Mobile

Bouygues Télécom : Un double discours difficile à tenir face à Free Mobile
Bouygues télécom est en première ligne en ce qui concerne les attaques contre Free Mobile. Cela a été encore le cas hier sur BFM qui resservait Olivier Roussat, le directeur général de l’opérateur. Et son discours est de plus en plus difficile à tenir. D’une part il doit montrer au gouvernement que Free Mobile a été une catastrophe pour son groupe, mais dans le même temps il doit montrer la bonne santé de Bouygues Télécom auprès des investisseurs.
 
Stéphane Soumier : Quelles sont les pistes de rebond pour BOUYGUES TELECOM, dont on rappelle, alors c’est vrai que c’est lié à des dépréciations et à des éléments exceptionnels, mais qu’il a quand même affiché, pour la première fois de son histoire je crois, Olivier ROUSSAT, des résultats en perte ?
Olivier Roussat : Alors, on n’est pas en perte à l’heure actuelle…
Stéphane Soumier : Sur un trimestre, sur un trimestre.
Olivier Roussat : Mais en l’occurrence, quand on fait le bilan de ce qui s’est passé dans les télécoms depuis le début de l’année, c’est sûr que le choc de l’arrivée du quatrième opérateur a été important, quand vous faites le bilan de ce qui se passe au troisième trimestre, vous voyez qu’on regagne des clients, on regagne des clients mobile en valeur absolue, puisqu’on a une croissance de notre parc de clients mobile et une croissance de notre parc de forfaits mobiles, puisqu’on a cru de 124 000 forfaits mobiles, et au total de la base qui comporte, et le prépayé, et les forfaits, une base qui croît de 11 000 clients. Tout ça, néanmoins, dans un contexte dans lequel on est amené à s’adapter, on avait dénoncé dès le mois de mars un plan d’adaptation de nos dépenses, on a un plan de réduction de coûts de 300 millions d’euros, que nous avons lancé, sur lequel nous considérons…
 
La problématique est la même lorsque Stéphane Soumier note que Bouygues Télécom est allé plus loin que Free avec son forfait illimité à 9,99€, alors que Bouygues dénonce les baisses de tarif initiées par Free. Pour sa défense, Olivier Roussat est ainsi obligé de dire que ce forfait coute cher si on utilise la data. Un comble pour un opérateur d’affirmer que son forfait peut être très cher pour les abonnés…
 
Stéphane Soumier : Vous êtes devant une stratégie que, alors je juge totalement incompréhensible, et je vous le dis très franchement. C’est-à-dire que, vous avez hurlé, alors pour le coup, pas vous, mais votre patron s’en est chargé, « BOUYGUES himself», hurlé contre la destruction de valeur, et je vois BOUYGUES sortir, au début du mois, les forfaits mobiles, alors pour le coup les moins chers du marché. C’est-à-dire vous avez été au-delà même de ce que FREE avait fait en termes de destruction de valeur, avec de l’illimité total, alors il n’y a pas d’Internet, mais de l’illimité total, à moins de 10 euros par mois.
Olivier Roussat : L’offre que l’on vient de faire le 6 novembre, c’est une offre qui vise à aller offrir de la voix illimitée, qui est un segment particulier, on considère qu’1 Français sur 2, pratiquement, ne consomme que de la communication téléphonique, et donc c’est un forfait sur lequel on peut faire de la voix illimitée, en revanche la donnée mobile est possible, et là il n’y a pas de destruction de valeur puisque, si vous souhaitez faire 3 giga-octets, qui est maintenant le référent qui existe dans les têtes, avec notre forfait, il faut dépenser 150 euros… pas la destruction de valeur
 
La difficulté est la même lorsque Olivier Roussat est interrogé sur l’étude commandée par Free et qui conclue que l’arrivée de ce dernier dans le mobile créera entre 16 000 et 30 000 emplois dans toute l’économie. Le directeur général de Bouygues explique que si cette étude est favorable, c’est par ce qu’elle a été commandée par Free. Pour autant, ce n’était pas le même discours jusqu’à présent à propos de l’etude qui affirmait la destruction de 60 000 emplis dans les télécoms et qui aurait été commandée par SFR (précisons cependant que l’auteur de cette etude a démenti que SFR en était à l’origine).
 
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