Free détaille ses propositions devant la commission Lescure

Free détaille ses propositions devant la commission Lescure

Pour Maxime Lombardini, la création de réseaux ADSL et de « boxs » et la production de contenus audiovisuels sont deux métiers différents. « Nous ne faisons que distribuer les chaines services des groupes mondiaux, sans favoriser l’une ou l’autre, sans chercher une quelconque exclusivité avec une chaîne. »

 
Free se positionne donc comme un partenaire culturel indirecte de la création et de l’industrie culturelle en négociant des contrats de distribution avec 400 chaines de télévision, l’engagement de distribution nationale des chaines de télévision locales ainsi que tous les services de vidéos à la demande. « Quand on distribue des chaines on contribue naturellement de manière indirecte a la valorisation de la culture par la valorisation de sa diffusion. »

 
Le constat que fait Maxime Lombardini au nom d’Iliad-Free est que l’apparition de l’ADSL a permis aux chaines de télévision de se moderniser et de fournir des services supplémentaires aux télévisions via l’implantation de services VOD payants. Aujourd’hui c’est 14 millions de foyer rien qu’avec l’ADSL qui reçoivent la télévision. « le satellite est maintenant désué, le câble est resté très symbolique, avec moins d’un million d’ abonnées au câble »

De nouveaux modes de diffusion « à la carte »

Pour les abonnés Free, le rendez-vous du Prime Time s’est considérablement affaibli, surtout auprès de certaines catégories d’age. La consommation des contenus télévisuels se fait de moins en moins linéaires et de plus en plus « à la carte ».

D’après l’analyse de Maxime Lombardini « Les audiences évaluées par la médiamétrie, se sont affaiblies quand la consommation des programmes a explosée. » Il faudrait sans doute « réévaluer les modes de contrôles de la médiamétrie. »

 
La VOD, la télévision de rattrapage, et le développement des magnétoscopes numériques aurait permis une consommation des contenus audiovisuels à d’autres moments, avec une 2ème et 3ème chance de diffusion.
La télévision de rattrapage pour les abonnées permettrait d’avoir accès à une cinquantaine de chaines pour la plupart payantes et de consommer les contenus déjà diffusés pendant une semaine.  « En une soirée, la télévision de rattrapage correspond à plus d’un mois de VOD consommé dont l’élasticité entre l’offre et les prix n’est pas toujours très favorable .»

De l’ordre d’une bonne moitié des abonnées Free l’aurait déjà utilisé provoquant des pics de connexion un peu avant l’heure du Prime Time. Le réseau et les serveurs mis à disposition commenceraient à être en saturation.
Maxime Lombardini souhaite qu’une réflexion sur la répartition des coûts de diffusion et de production du réseau puissent être également engagée. Il leur faut « trouver des modalités de financement pour éviter les saturation du réseau . » Le directeur général d’Iliad-Free propose un débat avec les chaines « sur les partages de charge et du réseau avant de parler du partage des gains. Free ne pourra pas supporter le développement de la vidéo à la demande sans limite. »

Une exception culturelle française jugée en demi-teinte

 
Pour Maxime Lombardini, la création Française, est très peu utilisées que ce soit sur les sites de piratages ou sur les services à la demande. « Si on sondait le traffic de passage sur nos réseaux, les œuvres françaises disposeraient d’une très très faible part de diffusion . » Si en 2004, il y avait 50 films dans le top 100 des consultations, aujourd’hui il estime qu’on ne dépasse pas la dizaine.
De la même manière, qu’ « Imposer des quotas de diffusions quand vous faites de la VOD ou de la SVOD » lui paraît dépassé.

«Tous le dispositif fiscal, qui s’applique à nous, repose sur une totale illusion que de faire croire que le succès des télécoms reposent sur les œuvres françaises. C’est quand même se faire plaisir ! »

La part de films français proposés en vidéo à la demande serait très petite. Si Free serait demandeur d’avoir « plus et mieux » de contenus français à proposer à la diffusion, « si on veut financer la création il faut proposer les oeuvres à la diffusion. Ce qui n’est pas le cas ! »

Repenser la chronologie de diffusion.

D’après Maxime Lombardini « Si on veut financer la création il faut commencer par proposer
une chronologie de diffusion qui devrait être plus souple et plus courte : 
»
Beaucoup trop de films français ne sont pas disponibles 4 mois après leurs sortie en salle.
De même, trop de séries TV ont une longue fenêtre de l’ordre de 18 mois entre la première saison et la deuxième saison, ou les épisodes ne sont pas disponible à la diffusion, pendant qu’elles sont offertes sur les sites de piratages sur internet. Il devient pour Free « compliqué d’expliquer à ses abonnés qu’ils ne peuvent rien faire.

Selon le succès du film, les possibilités de diffusion devraient être plus souple.
Le CNC (Centre National du Cinéma et de la création animé) pourrait tenir mensuellement un état de la chronologie des médias, analysant quelle proportions des films sont disponibles 4 mois après la sortie en salle. Maxime Lombardini est certain qu’un films qui sort sur les services VOD rapidement après la sortie en salle bénéficie d’un deuxième succès.
 Le CNC pourrait « subordonner une forme de son soutien, une part bonus des supports télécoms à sa sorties sur les services de vidéo à la demande.

Elargir l’assiette fiscale et assurer la transparence des recettes.

Si Free a accepté que le financement culturel faisait parti de son modèle économique et « qu’il fallait passer par là », le fournisseur d’accès ne comprend pas la multiplicités des taxes imposés aux fournisseurs d’accès quand d’autre interlocuteurs en sont exempt. Ceux qui ont profiter d’un réel développement ne sont pour la plupart pas français.

Selon Maxime Lombardini, les recettes publicitaires n’ont pas évolué en 10 ans sur les services de télévision quand elles ont considérablement évolué sur « un très célèbre acteur américain, et qui supporte zéro fiscalité. »

Pour autant leur contribution ne cesse d’augmenter avec des nouvelles taxe pour lesquels Maxime Lombardini espère qu’elles aurant une durée de vie très courte (Taxe France Télévision). Il dénonce également le changement de TVA qui ne correspond pas aux promesses faites par le gouvernement et un préavis trop court « qui a pris les fournisseurs d’accèe au dépourvu ».
Pour une question d’équité, Il paraît assez légitime pour le groupe de « faire payer tout le monde à des taux plus faible. »

 Le groupe Iliad souhaite également que les instances regarde quel est le vrai besoin, au regard de la multitude de modes de financements dont la visibilité serait « très limitée. »
 Le groupe souhaite donc accuser moins de taxe pour « prélever sur ce qui est nécessaire et non pour financer des commissions fictives et générer de nouveaux besoins qui alimentent ses commissions . » 

 De même si Maxime Lombardini n’est pas contre le principe lui-même, le fonctionnement de Copie Privé ne leur parait pas démocratique et il en dénonce l’absence de transparence dans les modes de calcul
Le niveaux des prélèvements Copie Privé serait 5 fois plus élevé que dans les 27 pays de l’Union Europèenne. Les barèmes seraient-ils trop compliqués à comprendre pour faire consensus. « Vous mettez des disques à 80 Go et vous les bridez pour pas vous faire massacrer. »

Free a peur que « sous prétexte d’éviter l’augmentation des prélèvements sur les Smartphones et les tablettes, il y ai une forme d’acceptation de l’augmentation des Boxs par les autres opérateurs. »

En jeu pour Free, la remise en cause des innovations de sa dernière Box :
« La Freebox Révolution pouvait rentrer dans plusieurs critères, déjà c’est un pc puisque vous pouvez naviguer sur internet, donc il ne serait pas soumis au barèmes copie privée, qui nous amenés a 6,80 €, d’autres barèmes amenait la box à 35 € de prélèvement. »

Maxime Lombardini ne comprend pas par ailleurs pourquoi les 5 millions de PC seraient exempts, quand ils pourraient ramener 100 millions d’€uros de prélèvement Copie-Privé, soit la moitié de son budget.

Reste maintenant à savoir quelles propositions issues de cette réunion seront entendues et préconisées pas la Commission Lescure.

Source : Culture Acte II : L’audition de Free groupe Illiad.