Nerim teste le VDSL 2 et rétablit quelques vérités sur le déploiement de cette technologie

Nerim teste le VDSL 2 et rétablit quelques vérités sur le déploiement de cette technologie
 
L’opérateur Internet et Hébergeur professionnel Nerim annonce qu’il a équipé courant l’été dernier l’ensemble de ses sites de dégroupage en VDSL2. Contrairement à certaines informations parues dans la presse, le lancement en France du VDSL2 est prévu au plus tôt à l’automne 2013. Acronyme de Very High Speed Digital Subscriber Line 2, le VDSL2 est un protocole de transmission de données à haut débit vers un site à travers une paire de cuivre. Cette solution répondra à un besoin immédiat des entreprises, lorsqu’elle sera validée par le comité d’experts sollicité par l’ARCEP.
 
Nerim annonce qu’il est aujourd’hui capable de livrer du VDSL2 sur l’ensemble de son réseau de dégroupage : sur Paris et une partie des Hauts-de-Seine. Le plan de migration de l’ensemble des cartes DSLAM VDSL2 a été réalisé cet été.
 
Des tests VDSL2 encourageants mais des débits inférieurs à certaines annonces optimistes
 
Les premiers tests de Nerim en laboratoire ont permis de constater que l’augmentation du débit est sensible par rapport à l’ADSL2. Les « débits théoriques » du VDSL2 (c’est-à-dire lorsque l’abonné se situe à quelques mètres du DSLAM) sont de 100 Mbit/s, alors que les débits de l’ADSL2+ sont au maximum de 28 Mbit/s (descendant) et 1 Mbit/s (montant).
 
Testé à 900 mètres du DSLAM, le VDSL2 permet d’exploiter le réseau cuivre à 40 Mbit/s en download et 7 Mbit/s en upload. Au contraire de ce qui est généralement dit dans la presse, cette technologie VDSL2 souffre donc d’une forte atténuation qui la rend inutile si on est situé à plus de 1,5 km du répartiteur le plus proche. On estime en effet qu’à 1,4 km du DSLAM les performances du VDSL2 rejoignent celles de l’ADSL2+. Selon Nerim, en France, 10% seulement des abonnés se situent à moins d’1 km d’un DSLAM. Ce chiffre parait cependant sous estimé. Selon Degrouptest, plus de 20% des lignes seraient inférieures à 1Km. Et encore, ce chiffre est supérieur pour les lignes dégroupées généralement situées dans les zones les plus denses.
 
De plus, le VDSL2 est sensible aux diverses perturbations électromagnétiques qui peuvent survenir dans les réseaux denses, tels que le bruit impulsionel ou la diaphonie.
 
« Nous avons été surpris des résultats de certains moteurs d’éligibilité de la concurrence qui annoncent des débits du VDSL2 très optimistes sur des distances longues : jusqu’à 150 Mbit/s en download. Il est illusoire de croire que le VDSL2 remplacera la fibre optique. » déclare Cyril de Metz, Président de Nerim.
 
Le VDSL2 en attente de validation du comité d’experts désigné par l’ARCEP
 
Cette technologie existe depuis février 2006 – Date de validation par l’Union Internationale des Telecom. L’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) autorisera le déploiement du VDSL2 dès lors que cette technologie n’est pas susceptible de perturber le bon fonctionnement des technologies utilisées aujourd’hui sur les lignes cuivre du réseau (ADSL2+…).
 
L’ARCEP a donc confié, depuis 2002, à un comité d’experts indépendants, le soin d’émettre des avis sur les technologies nouvelles demandées par les opérateurs. Ce comité a la responsabilité d’apprécier les risques de perturbation du réseau et de préciser les conditions d’introduction des nouvelles technologies en assurant l’absence de telles perturbations.
 
Les premiers tests en condition réelle sur le réseau cuivre de France Telecom vont débuter courant octobre 2012. Si la technologie obtient l’accord du collège de l’ARCEP, le VDSL2 sera lancé à l’automne 2013. Même si aucune annonce n’a été faite par Free jusqu’à présent, rappelons que la Freebox est déjà compatible VDSL 2. L’opérateur pourrait donc lancer cette technologie à cette même date