Fleur Pellerin : le rapprochement du CSA et de l’Arcep ne doit pas conduire au filtrage et à la surveillance généralisée


Face aux géants du net et à l’innovation numérique, le gouvernement prend acte d’une révolution, celle de la télévision connectée. Pour faire face à ces nouveaux enjeux, il veut rapprocher le CSA de l’Arcep.
Pour l’heure, il ne s’agit que d’une piste envisagée par le gouvernement afin d’adapter la réglementation à la nouvelle donne en matière d’offre audiovisuelle. Pour Pierre Lescure, qui a pour mission de redessiner le rôle de la Hadopi, la télévision connectée ne peut conduire qu’au piratage.
Au regard de ce que propose Free avec sa nouvelle Freebox Révolution, le lien entre l’audiovisuel connecté et le piratage peut effectivement se faire même si des mécanismes peuvent être mis en place pour limiter le téléchargement illégal. Le système de Seed Box permet effectivement de télécharger du contenu sur la toile directement depuis sa TV.
Outre le danger du téléchargement, les géants du net tel qu’Apple ou Google sont de plus en plus présent dans l’audiovisuel. Outre atlantique, la marque a la pomme tente de négocier l’accès au direct des chaines câblées.

 
Dans ce contexte, la ministre Fleur Pellerin qui a accordé une interview au journal Les Echos estime que "l’enjeu majeur est celui du modèle économique de la diffusion et de l’information".
"L’arrivée de la télévision connectée nous conduit à nous interroger sur les modes de régulation des contenus accessibles à partir des supports de diffusion multiple" a-t-elle expliqué. "En télévision, les fréquences sont attribuées gratuitement en échange d’obligation de financement de la production audiovisuelle. Mais les nouveaux acteurs tels que Google TV, Amazon TV ou Netflix vont concurrencer les chaînes de télévision traditionnelles sans être soumis à ces mêmes contraintes" a-t-elle ajouté.

 
Au-delà de cette concurrence nouvelle, la régulation pourrait impliquer la création d’un gendarme du net. Pour la ministre, ce risque n’a pas lieu d’être : "Notre position est claire. Nous sommes opposés à la surveillance généralisée et au filtrage. Nous restons très attaché à ces principes".