Point de vue : L’arrivée de Free Mobile montre que le marché mobile est impossible à réguler

Point de vue : L’arrivée de Free Mobile montre que le marché mobile est impossible à réguler


L’ouragan Free a soufflé sur le marché mobile, chagrine celui du prépayé et pourrait même perturber le marché mobile des professionnels. Au-delà de l’impact de Free sur le marché français, l’arrivée d’un quatrième entrant avait vocation à apporter de la concurrence. Au-delà des attentes, Free Mobile perturberait l’emploi, la consommation et les dividendes. Pour Le Cercle des Echos, l’arrivée de Free Mobile montre que le marché est impossible réguler.

 
Créateur ou destructeur, Free compose ses offres dans un univers concurrentiel régulé, dans un marché des télécommunications qui n’est plus un monopole d’Etat mais qui nécessite tout de même l’intervention du régulateur afin de garantir la pérennité du bien public, de permettre le financement des infrastructures, de fournir aux ménages et aux entreprises un réseau, un service de communication.
Et l’équation entre service au public et profit dans un monde où le réseau se confond aux offres (absence de séparation entre les activités d’infrastructures et des activités de service) n’aide pas à clarifier les choses d’où l’hypothèse que le marché mobile français est impossible à réguler.

 
Un marché impossible à réguler :
« Au regard de la libéralisation, une situation concurrentielle n’est par définition "pure" uniquement lorsque les conditions d’accès au marché entre les acteurs sont équitables. Or, l’arrivée du quatrième opérateur est la résultante d’une décision politique visant à diminuer les prix. La licence a été retravaillée et son prix a été bradé pour faire entrer le quatrième opérateur. C’est une première erreur de la part du régulateur, car les règles du jeu n’ont pas été les mêmes pour tous les acteurs du marché » note Le Cercle, Les Echos.
Certes, l’arrivée d’un nouvel entrant est régulée, favorisée. Pour l’Arcep, les choses sont claires, Free Mobile profitera d’une terminaison d’appel avantageuse à court terme. Loin du favoritisme évoqué, Bouygues en a également profité.
Si Free est actuellement au-devant de la scène, la délégation d’un service public à un opérateur privé complique quelque peu les choses d’autant que l’activité réseau ne se sépare pas clairement de l’activité commerciale.

 

Des pistes pour restructurer le marché :
« L’arrivée du quatrième opérateur a conduit à une distorsion dans un marché mal régulé et confronté à un conflit entre les préconisations politiques et économiques. Cette distorsion a engendré une baisse de la taille du marché et une réorganisation des acteurs déjà en place, notamment au sein de leurs effectifs » note-t-on. A ceci près que l’on va peut-être vite en besogne lorsque l’on explique que Free est responsable des pertes d’emploi chez ses concurrents. Reproche-t-on à Renault les pertes d’emploi chez PSA ?

 
Quoi qu’il en soit, le modèle low-cost, la pratique d’offres simple à prix bas contraint les opérateurs à diminuer l’emploi ou le dividende nécessitant ainsi une redistribution des cartes. « La concurrence s’est déjà manifestée par les prix, mais elle devra se manifester également par le réseau et les services. Le grand paradoxe de la stratégie de la régulation se situe à ce niveau-là : comment permettre le progrès technologique sur un marché lorsque celui-ci fait face à une diminution des marges ? Une option à étudier serait de faire naître des incitations à l’investissement dans le progrès technique et dans l’amélioration du service existant » conclue-t-on.