Chat avec Olivier Rosenfeld, directeur financier d’Iliad (Free)

Chat avec Olivier Rosenfeld, directeur financier d’Iliad (Free)


Univers Freebox va suivre le chat en direct d’ Olivier Rosenfeld, directeur financier d’Iliad (Free) accordé aujourd’hui entre 15h et 16h sur le site des echos.

Cette news sera donc mise à jour en temps réel..

Question :

Votre confrère Noos, qui possède un réseau fibre optique performant n’en finit pas de tenter de se rentabiliser ! Comment allez-vous rentabiliser ce gros investissement de cablage en Fibre Optique qui, lors de sa récente annonce, a effrayé certains investisseurs ?

Olivier Rosenfeld :

Bonjour, merci pour cette première question. A la différence de ce qui a été fait par le passé, Iliad s’engage dans le FTTH avec 2 atouts majeurs : d’une part, les abonnés existants et d’autre part la notoriété de la marque, sans compter le savoir technologique. Avant tout il s’agira de convertir des abonnés existants en dégroupage et cela vous le comprendrez est directement relutif sur les marges.

Question :

Sauf erreur de ma part, il semble qu’il y ait un incohérence des chiffres annoncés : un milliard d’investissement, 4 millions de prises cela donne 250euros par prise. Or, M. Boukobza annonçait sur BFM le 12 Sept 1500euros/prise, il est vrai en parlant de fourchette haute. Que faut-il retenir en définitive ?

Olivier Rosenfeld :

C’est justement le genre de confusion que nous avons souhaité éviter. Le milliard d’investissement sert à "fibrer" environ 700 000 abonnés existants, soit plus de 15% des 4 millions de foyers présents dans les zones que nous avons sélectionnées. On parle donc bien de 1500 euros par abonnés. Ensuite, tout abonné supplémentaire nous coutera 350 euros (freebox optique incluse).

Question :

Ne pensez vous pas qu’en privilégiant les abonnés des grandes villes, les efforts pour les campagne où les débits sont médiocres vont en pâtir ?

Olivier Rosenfeld :

Tout d’abord la fibre est complémentaire de l’ADSL 2 +, une technologie à laquelle nous croyons encore pour longtemps. En ce qui concerne les zones rurales nous faisons le maximum pour adresser ces marchés avec le service et les tarifs les plus compétitifs. Pour preuve le lancement de notre offre d’ADSL "nu" à 29,99 eruos, la seule du marché à ce prix en zone non dégroupées.

Question :

L’institut Idate a récemment indiqué "qu’aucune application spécifique au très haut débit n’est encore identifiée". Selon l’Idate, aucun service ne semble exiger plus de 20 mégabits. La techno fibre / tres (tres) haut débit n’est-elle pas une folie (suicidaire) ?

Olivier Rosenfeld :

La fibre c’est la boucle locale du futur. Votre question me rappelle les débats que nous avions avec certains investisseurs au moment du lancement de la Freebox. On nous demandait souvent pourquoi fournir des débits de plus de 10 Mbps aucune application ne nécessitait ces débits. Et pourtant… Aujourd’hui et demain la présence de plusieurs postes de TV HD se multipliera dans les foyers, ce n’est qu’une application parmi d’autres. Regardez les succès de Youtube ou Myspace et l’interet grandissant des débits symétriques.

Question :

Votre point mort se situe-t-il autour d’1 million d’abonnés ?

Olivier Rosenfeld :

Je ne sais pas comment vous définissez point mort. Le cash payback après impot est de 6 ans sur notre investissement, à part de marché et ARPU égaux. L’impact sur les marges est relutif très rapidement dès le premier abonné.

Question :

Comment calculez-vous le payback période de 6 ans ?

Olivier Rosenfeld :

Sur base des abonnés existants uniquement et à ARPU égal (soit 33,5 euros), sur une marge brute d’environ 30 euros après impots.

Question :

J’ai acheté pour 3000 euros d’action iliad, confiant en cette valeur, alors qu’elle était au plus haut (87 euros l’action) ; depuis, elle a perdu preque 30 euros ; puis-je espérer qu’elle remontera où je l’ai achetée ?

Olivier Rosenfeld :

Je ne suis pas en mesure de commenter le cours de la bourse. A ce stade je pense que tout investisseur dans iliad doit se poser la question essentielle suivante : est-ce que vous pensez que dans certaines zones le FTTH est l’avenir du haut débit fixe en France ? Nous avons opté pour cette stratégie ; elle est déterminante pour les années à venir.

Question :

Le très haut débit mobile est un échec financier et sans plan de secours pour les actionnaires. Avez-vous prévu ce scénario sur le fixe en optique ?

Olivier Rosenfeld :

Nous pensons que le FTTH est bel et bien l’avenir du haut débit fixe en France. le FTTH permet des débits "infinis" surtout dans l’architecture réseau que nous avons retenus, soit le point à point. Heureusement, contrairement au haut débit mobile que vous mentionnez, nous ne sommes pas face à un "mur d’investissement", il n’a pas été nécessaire de débourser une somme importante pour acqérir une licence et ensuite d’avoir à déployer un réseau national avant ouverture dans l’espoir de voir des nouvelles applies se développer. Ici, nous présentons un plan progressif sur 6 ans et qui se finance à part de marché et ARPU constants.

Question :

D’une part, vous venez de décider un très important investissement en Fibres Optiques et en avez prévue le financement (OCEANES déjà émises + auto-financement). D’autre part, vous êtes titulaires d’une licence WI-MAX (la seule à couvrir l’ensemble de la France sauf erreur de ma part). Entendez-vous également investir massivement dans ce secteur ? Si oui, où pensez-vous trouver les moyens de financement pour déployer cette technologie ?

Olivier Rosenfeld :

Nous n’oublions pas le WIMAX et ses possibilités futures. je pense que tout actionnaire d’Iliad reconnaitra que nous avons eu raison d’acquérir Altitude telecom afin de nous assurer la possibilité de faire du WIMAX national. A ce stade la techno WIMAX et les équipements Wimax en 802.16e ne sont pas prêts. Nous préférons donc avancer sur un projet concret et exécutable dès aujourd’hui le FTTH. En ce qui concerne le WIMAX, regardez ce qui se passe aux USA avec Intel et Clearwire et Motorola.

Question : Michel Combes

Comment allez-vvous préserver vos marges en lançant le FTTH (hors CAPRX). Quelle structure de coût par abonné (hors coûts régulés). Pourquoi changer votre business model et de pas avoir attendu une pression du régulateur pour forcer France Telecom à vous offrir le FTTH ?

Olivier Rosenfeld :

Merci Michel !
Comme vous le savez FT n’a pas encore déclaré ses intentions sur le FTTH. Nous avons cependant compris que l’architecture réseau choisit par FT serait le PON, non dégroupable. Nous n’avons pas souhaité qu’Iliad devienne un simple "revendeur" d’une prestation FT . Etre propriétaire de la boucle locale fibre nous permettra des évolutions multiples à l’avenir pour le bénéfice du consommateur. N’oubliez pas que nous avons annoncé le prix de la connexion FTTH serait de 29.99 euros par mois.

Question :

Bonjour, Quelle est votre structure de coûts pour pouvoir obtenir un prix d’abonnement si bas ?

Olivier Rosenfeld :

Je vous renvoie à la gestion du 1er semestre 2006 ainsi que les rapports de gestion antérieur, où l’ensemble des coûts, régulés ou non, afférents au secteur internet haut Débit sont décrits.

Question :

Le risque d’investissement semble mesuré (part de marché et ARPU constant) ; pourquoi selon vous certains analystes restent-ils reservés sur cette stratégie ?

Olivier Rosenfeld :

Tout d’abord parce que l’annonce est venue plus vite que leur anticipation. mais nous avons pu constater que la perception des analystes a déjà beaucoup évolué depuis lundi passé. Ils sont de plus en plus nombreux à considérer que c’est un bon choix stratégique et surtout financier dans un contexte d’un iliad indépendant pour les 30 prochaines années.

Question :

Pourquoi ne faites-vous pas un discours aux abonnés actionnaires ? cela m’intéresserait et m’inciterait à changer de fournisseur d’accès.

Olivier Rosenfeld :

Une des grandes forces de Free est l’homogénéité de sa base d’abonnés, les Freenautes paient un prix identiques de 29.99 euros par mois et ils sont aujourd’hui plus de 1.9 millions à payer ce prix unique et constant depuis novembre 2002 (hors options payantes bien évidemment). Ils nous parait essentiel de conserver cette stratégie, c’est ausi pour cela que nous sommes confiants que les abonnés sous suivront vers le FTTH puisque le prix est inchangé !

Question : La Fouine

Bonjour. pensez-vous que l’introduction en bourse de Neuf Cegetel puisse perturber votre cours en bourse ?

Olivier Rosenfeld : Encore vous la fouine ! je pense que l’introduction de Neuf a le mérite d’apporter encore plus de transparence financière dans notre secteur. Jusqu’à aujourd’hui Iliad était le seul alternatif côté en France, sur l’activité Grand Public.

Question :

En proposant un service universel avec une ligne téléphonique et une connexion internet débit gratuite ne vous substituez vous pas au rôle des collectivités territoriale ?

Olivier Rosenfeld :

Nous essayons surtout avec l’aide de la Fondation Free de permettre aux foyers qui n’en ont pas forcément les moyens de se connecter à internet outil essentiel de la vie en société aujourd’hui.

Question :

Si une collectivité locale décide de fibrer une commune, peut-elle demander l’aide de Free ? Pour l’étude ? Pour racheter de la fibre en passant par le contrat (avantageux, jimagine) de Free ? Free sera éventuellement d’accord pour participer avec la fibre, et la collectivite locale avec les travaux ?

Olivier Rosenfeld :

Le point essentiel pour les collectivités locales c’est l’annonce que nous avons faites d’ouvrir notre réseau à la concurence. Nous ne souhaitons pas créer un réseau fermé à l’usage de Free uniquement mais bien proposer une offre de revente en gros. Cet élément est déterminant dans un dialogue futur avec les collectivités.

Question :

Quelle est la relation financière entre Free et sa fondation, étant entendu que les deux travaillent pour la promotion du FTTH ?

Olivier Rosenfeld :

La Fondation free est une personne morale à part entière. Elle est initialement financée par Xavier Niel à hauteur d’une donation de 10 millions d’euros. Free travaille bien à la promotion du FTTH, la fondation elle travaille à la promotion d’un service "universel" triple play.

Question :

Vous parlez d’Iliad en tant que groupe indépendant. Etes vous à l’écoute pour un éventuel rachat ou une prise de participation dans Iliad par un important acteur du marché européen ? Cela pourrait permettre d’aider à financer vos projets FTTH, mais aussi le Wimax quand son heure viendra ?

Olivier Rosenfeld :

L’actionnariat d’Iliad, majoritairement détenu par son fondateur et ses managers et salariés, est un atout surtout dans des phases d’investissement importants comme le FTTH annoncé lundi passé. Il est clair pour tout actionnaire individuel ou institutionnel que nos intérêts et les leurs sont en ligne. Nous souhaitons donc continuer sur une voie d’indépendance. Jusqu’à ce jour, notre gestion financière disciplinée et notre capacité à générer des marges et du free cash flow sur nos métiers, nous a toujours permis d’avoir accès aux capitaux nécessaire à notre développement.

Question :

Bonjour. Seriez-vous intéressés pour racheter Citefibre, ce qui vous permettrait d’accélérer le calendrier de déploiement sur Paris ?

Olivier Rosenfeld :

Re re bonjour. Iliad s’est plutot dans la croissance organique. Nous comptons rester sur cette lgne stratégique.

Question :

Quel est votre positionnement par rapport a neuf cegetel qui vient de racheter AOL France ?

Olivier Rosenfeld :

Nous avons indiqué que free compterait plus de 2 millions d’abonnés ADSL fin 2006, nous confirmons cet objectif. Par ailleurs, nous sommes heureux de constater que le marchés se consolide autour de nous. Notre objectif principal pour nous et nos actionnaires c’est la croissance rentable.

Question :

Pensez vous normal que quelqu’un puisse payer 29.99 euros pour une connection de 50 mégabits symétrique et quelqu’un avec une connection non dégroupée ayant des caractéristiques bien moindres paient le même prix ? N’est ce pas une vraie injustice ? 

Olivier Rosenfeld :

Nous avons indiqué que le seuil d’étude chez Iliad pour envisager le déploiement du FTTH dans une zone était à 15% de pdm des lignes fixes. Je n’ai donc qu’un conseil : abonnez vous !


 Question :

P
arallèlement à ce lourd investissement dans la fibre, la société aura-t-elle encore la capacité ou la volonté d’investir pour les nombreuses zones desservies par Free avec un débit actuel inférieur à 2 Mo ? Ne va-t-on pas vers une france à 2 vitesses ?


Olivier Rosenfeld :

Iliad n’a jamais annoncé la fin de l’extension des zones de dégroupage. Il y a 3 ans nous n’avions que 30% de nos abonnés en zones dégroupées, aujourd’hui c’est plus de 72% avec un objectif de 75% à fin 2006. Nous nous battons avec l’opérateur historique pour s’assurer de l’accès à son réseau de fibres optiques, selon le contrat que nous avions annoncé en mars 2006. Avec la possibilité de louer de la fibre noire à FT, nous continuerons d’étendre les zones dégroupées et de réduire ce que vous qualifiez d’injustice.

Question :

288 Millions d’Euros pour le rachat d’AOL France semble un prix faible en regard du nombre d’abonnés gagnés si on le compare a l’investissement FTTH. Ne pensez vous pas que Neuf Cegetel a fait aujourd’hui un très grand pas en avant par rapport a FREE ?
 


Olivier Rosenfeld :


On parle de 575 euros par abonnés acquis. Lors de notre présentation des résultats du S1 2006 nous avons pris l’engagement de ne pas dépasser les 50 euros de couts marketing brut par abonné net de churn.

Question :

Combien avez vous de litiges en cours avec vos abonnés actuels ? Avant d’investir dans la fibre optique, ne serait-il pas plus logique d’assurer un service digne de ce nom aux gens qui vous ont choisi comme fournisseur d’accès à Internet ? 

Olivier Rosenfeld :

Depuis plus de deux ans , nous avons fourni un effort significatif pour améliorer notre service clients géré en interne. Nous avons par exemple doubler les effectifs de la hotline pour faire bénéficier à nos abonnés du meilleur service possible dans un contexte de croissance très rapide de notre base d’abonnés. Aujourd’hui Free a d’ailleurs le taux de churn le plus faible du marché. Le FTTH résoud des problèmes plutot qu’il n’en crée. Puisque nous sommes responsables de la connexion de bout en bout il n’y a plus d’erreurs de câblage sur les lignes ou encore les aléas liés à la paire de cuivre. 

Question :

Vous avez précisé que vous seriez ouvert à une offre de gros de votre réseau fibre auprès d’autres opérateurs. Ce scénario n’entraîne-t-il pas un changement de modèle économique et est-il valorisé dans vos plans d’affaires ? 

Olivier Rosenfeld :

Nous avons choisi de ne pas le valoriser à ce stade. Certains analystes le font. 

Question :

Envisagez vous de vous développer sur un marché étranger, pour profiter d’économies d’échelle ? 

Olivier Rosenfeld :

Non, déjà beaucoup à faire en France et une croissance qui reste très forte. nous avons choisi de rester concentré sur un seul marché. 

Question :

Que dites vous à ceux qui ne sont pas dans les grandes aglomérations ? 

Olivier Rosenfeld :

Que Free ne les a jamais oublié ; Que quand d’autres FAI refusaient d’offrir un service en zones non dégroupées, Free était le seul à le faire à un tarif très attractif de 29.99 euros et donc de proposer la seule alternative à l’opérateur historique dans ces zones. Cet été une fois de plus nous avons prouvé notre attachement à ces abonnés et futurs abonnés en lançant l’offre d’ADSL nu à 29.99, la seule du marché à ce prix ! 

Question :

On peut regretter le manque de transparence d’Iliad sur le fonctionnement du Conseil d’Administration… Quels sont les projets du groupe en matière de gouvernance pour 2007 et plus généralement pour mieux répondre aux attentes des investisseurs sensibles à la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) ?  

Olivier Rosenfeld :

Je suis très surpris de votre question ! Nous avons 4 membres totalement indépendants à notre conseil, ce qui est plutot une surpondération quand le flottant représente 25% du capital. C’est une caractéristique de notre conseil à laquelle nous tenons. En terme de transparence, je pense que les documents financiers et rapport AMF d’Iliad sont parmi les plus clairs du marché c’est en tout cas ce que nous disent tous les institutionnels qui comparent attentivement l’ensemble des sociétés cotées. 

Olivier Rosenfeld :

Merci à tous d’avoir participés à ce chat.