Très Haut débit : L’Arcep modère les conclusions de l’Idate sur le retard français


L’Idate a reconnu dans le cadre de son étude annuelle sur les télécommunications un « écart croissant entre un secteur des communications électroniques dynamique aux Etats-Unis et en Asie, et une Europe prenant du retard » du fait d’une régulation inadaptée. Cet avis n’est pas partagé par le président de l’Arcep, Jean Ludovic Silicani continue de croire au modèle de régulation français.

 
Tout d’abord, le développement du très haut débit à l’échelle européenne est très inégalitaire en fonction des pays. L’Ouest est plus développé que l’Est.
« En effet, il existe de fortes différences entre les pays de l’Union européenne. Il y a d’abord les anciens pays d’Europe de l’Est qui disposaient, voici 10 ans, d’un réseau fixe de qualité hétérogène et qui effectuent un rattrapage directement vers le très haut débit, en évitant, en quelque sorte, l’étape du haut débit. Cela conduit à de très fortes inégalités, avec la coexistence de foyers disposant du très haut débit et d’une proportion encore très importante de foyers ne disposant que du bas débit (1% seulement en France) » note Jean Ludovic Silicani dans l’édito de la Lettre hebdomadaire d’information de l’Autorité.

 
De plus, le patron de l’Arcep explique que la France est le seul de ces pays où le régulateur, dès 2010, a fixé un cadre règlementaire clair et complet pour le déploiement de la fibre optique sur l’ensemble du territoire apportant ainsi prévisibilité et sécurité à tous les acteurs publics ou privés.
« D’ores et déjà, 6 millions de foyers sont éligibles au très haut débit en France, contre 2 millions en Italie, et moins d’un million en Allemagne et en Espagne. La France est également le premier parmi les grands pays européens pour la part des abonnements (environ deux-tiers) offrant plus de 10Mbps. Enfin, s’agissant du très haut débit mobile, le régulateur, appliquant strictement la même loi du 17 décembre 2009, a retenu des objectifs très élevés d’aménagement du territoire et mis en place une forte incitation à la mutualisation des réseaux sur les deux-tiers du territoire correspondant aux zones les moins denses. On doit enfin souligner que la France est le seul des grands pays d’Europe où le chiffre d’affaires du secteur n’a pas baissé entre 2008 et 2011. Au total, depuis l’ouverture du marché il y a 15 ans, le volume d’activité a augmenté de 110 %, les prix de détail ont baissé de 15 % et le chiffre d’affaires a ainsi augmenté de 85 % en euros courants ; enfin les effectifs de l’économie numérique (ex TIC) sont passés de 300 000 à environ 1 million » se félicite le régulateur.

 
Pour autant, le déploiement du très haut débit en France est loin d’être terminé mais cela est tout à fait atteignable selon Jean Ludovic Silicani. Pour développer le très haut débit sur l’hexagone il faudra compléter les investissements privés aux financements publics (locaux, nationaux et européens) afin d’atteindre les 30 à 35 milliards d’euros nécessaires, sur une quinzaine d’années, pour réaliser les nouveaux réseaux à très haut débit en fibre optique et 4 G.