Réseau Mobile : Free est aujourd’hui le plus confronté aux difficultés

Réseau Mobile : Free est aujourd’hui le plus confronté aux difficultés


Le Monde
a consacré un article au déploiement réseau 3G et 4G et estime qu’une bataille des ondes s’annonce. Au-delà de la problématique technique, le chantier de la 4G doit s’articuler entre l’investissement d’une part mais est aussi confronté à l’avis négatif de l’opinion publique. Et ce n’est surement pas pour rien que Stéphane Richard, l’actuel patron de France Télécom a tendu la main à ses concurrents SFR et Bouygues pour mutualiser le déploiement de la 4G.

 
Free Mobile étant arrivé, la 4G semble être le choix stratégique de la concurrence. L’installation d’un réseau mobile semble plus facile que le développement de l’ADSL sur le papier. En réalité, le chantier n’est pas si aisé même si dans le fixe, il faut attendre le déploiement complet du réseau alors que dans le mobile, le déploiement peut se faire au fur et à mesure. En effet, l’infrastructure mobile demande des travaux de génie civil notamment en ville. A contrario, dans les zones moins denses, les antennes peuvent être reliées entre elles par faisceaux hertziens évitant ainsi les tranchées.

 
Cela dit, techniquement, la conception d’un réseau mobile est tout de même une tache complexe. Si 15 000 points hauts suffisent théoriquement à couvrir plus de 90% de la population (3G), faut il encore choisir correctement les points hauts des antennes relais en fonction des bandes de fréquences que les opérateurs ont le droit d’exploiter. En 3G, ce sont les bandes 1,8Ghz et 2,1 Ghz, en 4G, les bandes de fréquences sont de 2,6 Ghz et 800 MHz et plus les fréquences sont hautes, plus les ondes magnétiques s’atténuent avec la distances et les obstacles.

 
Avec l’arrivée de Free Mobile, la perte de chiffre d’affaire pour le secteur des télécoms est estimé à environ 15% impliquant du coup une marge de manœuvre moins importante pour l’investissement notamment dans le cadre du déploiement 4G. Dans cette optique, on comprend mieux l’appel du pied d’Orange.

 
Au-delà de la difficulté technique propre à l’architecture du réseau mobile, la principale difficulté se trouve dans l’obtention des autorisations pour installer des antennes relais. Inquiétudes sanitaires des riverains, règles d’urbanisme, les obstacles pour obtenir un point haut retardent le déploiement des infrastructures. La durée moyenne est évaluée à 18 mois. Dans certaines villes comme Bordeaux ou Marseille, les autorisations sont parfois décrochées au bout de trois années. Deux catégories de points hauts sont donc recherchées. Il s’agit des « toits terrasses » pour la ville et les « tours hertziennes » pour la campagne. La signature des baux et les diverses autorisations administratives font de l’implantation d’un réseau un réel parcours du combattant.
En plus de la réglementation, certaines villes comme Paris demandent aux opérateurs de signer une charte. Dans la capitale, la renégociation de ce texte a d’ailleurs fait avorter les négociations et du coup l’implantation d’antennes sur les points hauts municipaux.

 
Dans ce contexte, c’est Free qui est aujourd’hui le plus confronté aux difficultés relatives au déploiement du réseau mobile. Pour l’instant, l’opérateur se concentre sur la 3G et pour aller plus vite, Free a loué quelques centaines de sites (comme ses concurrents, au demeurant) à la société TDF, qui, historiquement, gérait le parc d’antennes de télévision et de radio hexagonales, et qui dispose de quelques milliers de points hauts (surtout dans les zones rurales).

 
Cela ne suffit pas pour autant, le quatrième opérateur mobile doit investir dans son propre matériel de réseau d’autant que les trois opérateurs historiques continuent à chercher des points hauts que ce soit pour terminer la construction de leur réseau 3G ou dans le domaine des fréquences de quatrième génération. Avantage par rapport à Free Mobile en ce qui concerne la 4G, un grand nombre des points hauts détenus par les opérateurs historiques seront actualisés pour la 4G même s’ils devront trouver d’autres sites pour les fréquences hautes qui s’atténuent très rapidement. 

 

Source : Le Monde