Free Mobile, un « séisme » évalué à 8 milliards

Free Mobile, un « séisme » évalué à 8 milliards

 
Nicolas Teisseyre du cabinet RolandBerger estime que l’arrivée de Free Mobile est un "séisme" évalué à 8 milliards. Pour l’analyste, l’arrivée fracassante du quatrième opérateur notamment sur le levier prix va créer une déflation du marché mobile français. Alors que ce dernier était stable ces dernières années, autour de 32 milliards d’euros, le cabinet RolandBerger estime la perte de valeur à 6 milliards d’euros, avec un gain de 2 milliards pour Free et 8 milliards de perte pour les autres opérateurs.

 
Dans cette hypothèse, l’analyste se demande ce que le consommateur va faire de ces 6 milliards d’euros, si cette somme sera captée par les vendeurs de terminaux, les fournisseurs de service (Google, Facebook) ou par les fournisseurs de jeu ou de contenus.

 
Des boutiques multi-opérateurs :
Quoi qu’il en soit, chaque opérateur doit s’adapter à cette nouvelle donne, revoir en profondeur son modèle industriel car le financement des infrastructures seraient de plus en plus difficile. De ce point de vue, l’analyste estime qu’il faudra probablement mutualiser pour développer les nouvelles technologies, la 4G ou la fibre optique. Un principe, celui de la mutualisation, qui pourrait s’étendre aux réseaux de distribution, aux boutiques. 

 
Nicolas Teisseyre estime que les opérateurs pourraient mutualiser leur réseau de distribution physique en créant des boutiques multi opérateurs. Ainsi, « le jeu concurrentiel s’exercera alors plus sur le marketing que sur les infrastructures techniques.
« De fait, la relation avec les clients est à restaurer. L’arrivée de Free a fait des dégâts en accentuant le sentiment que les consommateurs payaient trop cher. Il faudra regagner en proximité. Actuellement, le service clients dans les télécoms est très standardisé. Ce standard doit être révisé. Les opérateurs doivent en particulier apprendre à reconnaître les clients de haute valeur en leur proposant un service vraiment premium, comme le font certaines compagnies aériennes » explique l’analyste.

 
Source : Challenges