J-L Silicani défend les mesures du réseau de Free face aux critiques

J-L Silicani défend les mesures du réseau de Free face aux critiques

Jean Ludovic Silicani était l’invité, cette semaine, d’Hedwige CHEVRILLON sur BFM Business. Alors que la polémique ne retombe pas du cotés des opérateurs historiques concernant le réseau de Free, le Président de l’ARCEP a tenu à mettre les choses au clair. « Je pense que tous les opérateurs ne prennent pas complètement acte de cette arrivée qui est ici. Le Conseil d’Etat a été saisi en 2010 de deux recours visant à l’annulation de la licence accordée à FREE, et ces recours ont été rejetés par le Conseil d’Etat ! Donc je pense que ce sujet maintenant est clos et qu’il faut que les opérateurs, avec l’aide du régulateur effectivement, évoluent pour tenir compte d’un marché à 4 opérateurs, comme dans tous les autres pays d’Europe ! Dans tous les autres pays d’Europe, il y a 4 opérateurs mobiles. En France, il n’y en avait que 3. Donc nous étions un cas particulier, nous sommes aujourd’hui dans la norme normale des grands pays d’Europe. » a-t-il indiqué
 
Concernant la méthode de mesure du réseau, Jean Ludovic Silicani a expliqué : « Il y a une définition de ce qu’est la couverture par un opérateur mobile qui est inscrite dans toutes les licences mobiles depuis dix ans, celle d’ORANGE, celle de SFR, celle de BOUYGUES TELECOM, celle de FREE depuis deux ans, qui est la même, la même définition. Déjà. Donc c’est le même thermomètre qui définit comment on calcule la couverture.

Faisons cette hypothèse. Peut-être que le thermomètre n’est plus bon. Mais alors pourquoi, pourquoi les 2 opérateurs qui ont contesté la licence accordée à FREE sur le service mobile dont nous parlons, devant le Conseil d’Etat, n’ont-ils pas critiqué le thermomètre qui était inscrit dans cette licence ? Ils ont critiqué d’autres choses : le prix de la licence ; pas une ligne, pas un mot pour contester la définition de ce thermomètre. Il est quand même étrange que, quand ils avaient l’occasion éventuellement de faire annuler cette licence en disant « le thermomètre n’est pas bon », annuler la licence, ils ne l’ont pas fait ; pas un mot, pas un débat, jamais entendu la moindre critique en 2009, en 2010 sur ce fameux thermomètre ; et tout d’un coup, maintenant que FREE arrive sur le marché, alors le thermomètre n’est plus bon, il faut changer de thermomètre. Il faudrait prendre un thermomètre différent pour FREE que celui qui a été retenu pour FRANCE TELECOM, pour SFR et pour BOUYGUES. C’est à la fois incompréhensible et inéquitable ! Ce thermomètre, il est le même. S’il faut le faire évoluer pour l’avenir, pour de futures licences qui ne seraient pas de la même nature que celle-ci, pourquoi pas, on y réfléchira. Mais pour l’instant, nous appliquons le thermomètre qui est dans les… Si nous n’appliquions pas ce thermomètre, les décisions que nous prendrons seraient illégales »
 
Si on change la méthode de vérification, il faudrait retirer la licence de tous les opérateurs
 

« Les débatteurs dans cette polémique, les acteurs de cette polémique, de ce débat confondent couverture du territoire et des services. Je vais vous donner un exemple. J’habite le centre de Paris ; le centre de Paris est couvert par tous les opérateurs de téléphonie mobile, évidemment et « sur-couvert », si je puis dire. Eh bien je n’arrive pas, à certains moments, comme beaucoup de Parisiens, à avoir une communication téléphonique de mon appartement ou même en me mettant dans la rue devant l’appartement. Pourtant, j’ai bien un service couvert par mon opérateur, et je n’ai pas de service, je n’ai pas de communication ; ou alors j’ai une communication mais qui ne passe pas par le réseau 3G de mon opérateur, mais par son réseau 2G, le réseau ancien. » a illustré, le président de l’ARCEP « Alors est-ce que je vais dire que parce que la communication ne passe pas par le réseau de mon abonnement, le territoire n’est pas couvert ? A ce moment-là, tous les opérateurs sont en infraction, il faut tous leur retirer leur licence. Evidemment non, parce que nous respectons la loi, et il faut garder la même »