Vodafone tire à boulet rouge sur Free Mobile et l’ARCEP

Vodafone tire à boulet rouge sur Free Mobile et l’ARCEP
D’un coté, la plupart des économistes estime que le modèle économique de Free devrait être pris en exemple par ce qu’il rationnalise au maximum les coûts. De l’autre, les opérateurs concurrents (et certains syndicats) dénoncent une perte de valeur et des conséquences pour le déploiement des nouveaux réseaux.
 
Michel Combes, le directeur général Europe de Vodafone, a ainsi rédigé une tribune dans Les Echos, dans laquelle il dénonce le travail réalisé par les régulateurs européens et les conséquences de l’arrivée de Free Mobile.
 
« Il est temps que l’Europe sorte du pilotage automatique du système, hérité d’une autre époque, et adopte une stratégie industrielle proactive. » explique-t-il. « Plutôt que de ne retenir que le nombre d’acteurs sur un marché, ou le degré de concentration de ce marché, elle devrait accorder une place plus importante à l’effort d’investissement, à l’innovation et à la capacité des opérateurs d’exploiter leur modèle d’une manière rentable et durable sans les béquilles du régulateur. Les prix ne devraient être qu’une donnée parmi d’autres. Le cataclysme provoqué par l’arrivée de Free en France illustre ces fausses bonnes idées sur lesquelles sont assis depuis vingt ans nos régulateurs. Il est temps de rééquilibrer dans leur mandat le rapport entre concurrence, baisse des prix et investissement. C’est la condition pour dégager un retour suffisant pour financer les nouveaux investissements dans les réseaux et les infrastructures.


Pourquoi soutenir à bout de bras des opérateurs sous-dimensionnés, au modèle économique improbable, qui faussent en fait la concurrence et obèrent la capacité des autres à investir ? Pourquoi ne pas expérimenter de nouveaux modèles de concurrence pour utiliser plus efficacement le capital devenu rare ? Par exemple en favorisant les co-investissements dans les nouvelles générations de réseaux fixes ou les accords de partage de réseaux dans le mobile ? En poussant à des coopérations industrielles entre les acteurs pour encourager le développement de nouveaux services ? »
 
Rappelons tout de même que les faits ne donnent pas raison à Michel Combes. Les opérateurs mobiles français n’ont respecté que très rarement par le passé leurs engagements de couverture, notamment en 3G. Et à cette période, Free Mobile n’existait pas. Il semble même que l’arrivée du nouvel opérateur va accélérer le déploiement de la 4G, pour tenter de se différencier de Free Mobile.