L’UFC maintient que les modalités commerciales d’Open permettent à Orange de verrouiller le marché

 

Dernièrement, Orange s’est défendu des attaques de l’UFC que Choisir sur son offre Open qui impose, selon l’association de consommateurs la reconduction de l’engagement sur la partie fixe, lorsque le consommateur fait évoluer son contrat mobile ; empêche les consommateurs de découpler les offres triple play et mobile au moment de la résiliation d’une d’entre elles ; et refuse au consommateur la possibilité d’obtenir la portabilité de ses numéros fixes et mobiles lorsqu’il résilie l’ensemble des services Orange Open.

 
En effet, l’opérateur historique n’a pas tardé de répondre à l’annonce de l’intention du dépôt de plainte par l’association devant l’Autorité de la concurrence concernant les caractéristiques de son offre quadruple play. Dans son dernier communiqué, Orange regrette une « méconnaissance profonde » de ses offres, des « assertions purement et simplement erronées » et une « action orientée et mal-intentionnée ».

 
Dans son blog, Alain Bazot, président de l’UFC Que choisir estime qu’Orange joue sur les mots. Le président de l’association renouvelle l’idée que l’offre d’Open verrouille le consommateur dans son contrat : « Orange Open englobe de façon indissociable au sein d’un contrat unique une offre triple play et une offre de téléphonie mobile. Sa souscription se fait pour une durée de 12 ou 24 mois, les avantages tarifaires consentis augmentant selon la durée. Le consommateur est donc ainsi durablement engagé tant sur la partie triple play que sur la partie mobile ».

 
Dans son analyse, Alain Bazot estime que la résiliation du service d’accès à Internet haut débit entraîne, au titre de l’article 8.4 des conditions particulières, « la perte irréversible de l’intégralité des données, notamment des messageries, non enregistrées. ». Or cette résiliation est automatique dès résiliation de la composante mobile puisque l’offre Orange Open est un tout indissociable !
En effet, dans le communiqué de presse de réponse, Orange explique que les offres Open « sont articulées autour d’un seul contrat, d’une seule facture, d’une seule relation client, à la fois pour le mobile et l’accès ADSL ».

 
Alain Bazot revient également sur le suivi de l’Autorité de la concurrence mis en avant dans le communiqué d’Orange (Enfin, il convient de rappeler que les offres Open ont fait l’objet d’un suivi spécifique de l’Autorité de la concurrence…) :
« S’agissant de l’avis du 14 juin 2010 qu’Orange interprète comme un blanc-seing de l’Autorité de la concurrence, l’UFC-Que Choisir rappelle que l’Autorité y exprime clairement (au paragraphe 197) que la mise sur le marché d’offres de convergence, commerciale ou technique par Orange pourrait soulever des préoccupations concurrentielles, mais qu’elle ne peut se prononcer sur leur conformité au droit de la concurrence sans en connaître les caractéristiques et justifications ».

 
Pour finir, le président de l’UFC explique que son association ne roule pas pour Free et maintient que les modalités commerciales de l’offre Open, ce puissant outil de conquête, permettent à l’opérateur de verrouiller le marché et de retenir la clientèle. Aux consommateurs d’agir en pleine conscience et en tout état de cause. Et à l’Autorité de la concurrence de trancher !