Des opérateurs contestent le projet Européen de baisse du tarif de la boucle locale cuivre


Selon le Monde de l’Informatique, un certain nombre d’opérateurs de télécommunication contestent la baisse des prix du dégroupage proposée par l’Union Européenne. En effet, la Commission Européenne souhaite réduire les réduire les revenus qu’ils tirent du dégroupage du réseau cuivre dans le but d’aider au développement de la fibre.

En octobre, Neelie Kroes, la commissaire chargée de la stratégie numérique en Europe, a profité du sommet réunissant les opérateurs Télécom européens à Bruxelles pour annoncer aux opérateurs historique européens qu’elle envisageait de faire baissé le coût de l’accès à la boucle locale cuivre, la partie du réseau qui va du NRA jusqu’à l’abonné. En France, cette boucle locale est la propriété de France Télécom qui la loue 9 euros par mois et par abonné aux opérateurs alternatifs. Un tarif déjà dénoncé par Free et SFR
 
La commissaire européenne estime que si les opérateurs historiques n’investissent pas suffisamment dans la fibre, c’est par ce qu’ils profitent de la rente issue du réseau cuivre. Si la moyenne des tarifs de gros de cette boucle locale est de 8,69 euros, il existe de gros écarts entre les pays, de 5,21 euros en Lituanie à 12,41 euros en Irlande. Or « la Commission n’est pas convaincue que ces différences importante entre les pays puissent s’expliquer uniquement par des variations de couts sous jacents ». Elle a lancé à cet effet deux consultations publiques sur les conditions d’accès à la boucle locale.
 
Pour les principales entreprises de télécommunication européennes, « Le projet de la Commission européenne de baisser les prix d’accès aux réseaux en cuivre afin de stimuler l’investissement dans les réseaux de prochaine génération est une erreur ».
 
D’autre part, une étude sur la baisse du prix du dégroupage réalisée par Plum Consulting pour le compte de l’ETNO (European Telecommunications Network Operators Association), l’association qui regroupe les plus grands opérateurs européens ex-monopoles, montre que l’abaissement du prix de l’accès aux réseaux en cuivre pourrait avoir un effet inverse. Clairement, la baisse du tarif de location de la boucle cuivre nuirait à l’investissement, car elle ferait baisser les prix de détail dans le marché, aussi bien pour l’accès à la génération actuelle que l’accès à la suivante (réduction du cash flow disponible).
 
Au final, la baisse des tarifs de la boucle cuivre impliquerait « une baisse de la demande et une réduction du prix de la fibre ».
 
Evidement, cette mesure n’est pas du goût des acteurs du câble en Europe qui estime que la mesure adoptée par Bruxelles est une approche « à court terme » d’autant qu’une telle mesure changerait la donne d’un point de vue concurrentiel avec les opérateurs historiques.
 
La Commission s’est engagée à favoriser le déploiement des réseaux en fibre optique de façon à ce que tout Européen puisse profiter du haut débit à 30 Mbt/s à l’horizon 2020, et qu’au moins 50% des Européens puissent profiter d’un accès à 100 Mbt/s.