Fréquences 4G : Free pourra-t-il rivaliser face à des concurrents puissants ?

Fréquences 4G : Free pourra-t-il rivaliser face à des concurrents puissants ?
Nous vous annoncions cette semaine que Free, au coté d’Orange, Bouygues Télécom et SFR, avait déposé un dossier de candidature en vu de l’obtention de fréquences 4G. Cette première mise aux enchères concerne 14 lots de fréquences hautes de 2,6 GHz pour lesquels l’Etat a mis un prix de réserve de 700 millions d’euros. Free Mobile devrait donc logiquement obtenir 1 ou plusieurs lots de ces fréquences  « rendant possible la mise à disposition de capacités importantes pour l’acheminement du trafic, notamment en zones denses ».
 
Mais le prochain appel d’offre, qui propose des fréquences beaucoup plus intéressantes, sera autrement plus compliqué pour Free. Libérées par l’arrêt de la diffusion de la télévision analogique, ces fréquences dites « en or » « pénètrent loin dans l’atmosphère et les bâtiments. Donc, moins cela coûte cher aux opérateurs de construire leur réseau puisque celui-ci demande moins d’équipements pour couvrir un territoire donné », explique l’Arcep. Seuls 4 lots, deux de 10 Mhz et deux de 5 Mhz (soit un total de 30 Mhz), sont disponibles pour ces fréquences. Il n’y en aura donc pas pour tout le monde ou en tous cas, tous les opérateurs ne seront pas servis de la même façon.
 
Même si cet appel d’offre ne permet pas à un acteur de détenir plus de 15 Mhz, le prix de réserve fixé par l’Etat risque d’être discriminatoire puisqu’il ne vendra pas ces fréquences à moins de 1,8 milliards d’euros. Dans ces condition, Orange aura un avantage financier certain par rapport aux autres opérateurs, et notamment Free pour qui le mobile n’a pas encore généré le moindre centime de profit. « Il existe un réel risque d’éviction d’un des opérateurs en place », estime un industriel. C’est d’ailleurs pour cela que Free avait dénoncé ce mode d’attribution. Xavier Niel regrettant que la France soit « le seul pays européen » où l’attribution de fréquences est « pilotée par une vision budgétaire » plutôt que par une vision stratégique. 
 
Source : Les Echos