Edito de juin 2005

Les grands bouleversements dans l’audiovisuel

Le secteur de l’audiovisuel est entré dans une nouvelle ère, non seulement les supports de diffusion se sont multipliés (TV sur ADSL, TNT, TV sur mobile) mais beaucoup de nouveaux acteurs sont entrés dans la course. Outre Free et les opérateurs de télécommunications, on a vu cette année l’entrée de Bolloré Média (Direct 8), NRJ groupe, Nextradio (BFM) et la montée en charge des groupes AB et Lagardère. Mais y a-t-il réellement de la place pour tout le monde ?

Quand on sait que TPS ne fait toujours pas de bénéfices alors que les concurrents n’étaient jusque là pas très nombreux, on peut avoir quelques doutes. Ce qui est certains en tout cas c’est que l’achat de contenu va être le nerf de la guerre, ce qui va certainement profiter à l’industrie audiovisuelle, aux fédérations sportives et aux firmes de cinéma.

En effet dans ces conditions, seuls les acteurs ayant réussis à acquérir les droits sur des programmes à fort potentiels d’audience pourront prétendre attirer les téléspectateurs. Et les plus gros groupes ont déjà commencé leur marché. En France, Canal+ à rafler les droits de l’équipe de France de rugby au nez de France 2, France Telecom a lui sortit le chéquier pour s’offrir la diffusion de Roland Garros, en Belgique, Belgacom à obtenu l’exclusivité des droits du championnat de foot belge pour une diffusion sur son offre de télévision par ADSL.
France Télévisons risque de souffrir de cette nouvelle donne car il aura du mal à s’aligner financièrement, et les événements sportifs qu’il diffusait, pourraient partir sur des offres payantes. Mais en règle générale ce sont les gros groupes qui vont sortir leur épingle du jeu, ils ont en effet les moyens d’investir beaucoup d’argent.

Les téléspectateurs ne seront pas forcement les gagnants de cette guerre des programmes. En particulier certains grands évènements sportifs et cinématographiques pourraient rejoindre les offres payantes. De plus, les téléspectateurs devront faire le choix d’un support de diffusion et seront tributaires de ce que ce support diffusera et ne pourra prétendre à accéder à la totalité de l’offre audiovisuelle. Le dernier exemple est la diffusion par Ma Ligne TV de la totalité de matches de Roland Garros qui était, de ce fait, inaccessible aux abonnés à freebox TV ou neuf TV.

Quant à Free, sa stratégie est clair « nous n’avons pas l’intention d’investir dans les contenus audiovisuels » affirme Michael Boukobza, directeur général de Free. Même si Free bénéficie des exclusivités obtenues par Canal+ et Canalsat, son offre TV pourrait perdre de son intérêt si ses concurrents, en particulier France Telecom et Neufcegetel, décident d’investir dans les contenus et ainsi rendre leurs offres plus attractives. Mais peut être que Free à d’autres atouts dans sa poche pour développer son offre sans se ruiner à obtenir des exclusivités.