Les raisons du retard de la fibre en France

Les raisons du retard de la fibre en France

 
La France se classe en effet au 22ème rang parmi les 26 pays analysés par le FTTH Council. Fin 2010, la France comptait ainsi 1,075 foyers raccordés et 110 000 abonnés au FTTH : 27 000 pour Free, en point à point, et respectivement 60 000 et 50 000 en GPON pour Orange et SFR. Numéricâble, lui, a raccordé 4,5 millions de logements et dispose de 400 000 clients, mais il ne s’agit pas de fibre jusqu’à l’abonné puisque la partie terminale est en câble coaxial (les débits sont donc plus limités et surtout partagés entre plusieurs abonnés).
 
Le principal problème de la fibre en France est … l’ADSL. En effet, pour la plupart des français, le débit que permet de la paire de cuivre est suffisant. D’autant plus que les premiers abonnés fibrés sont ceux qui se trouvent dans les zones denses et qui disposent déjà de bons débits ADSL. C’est pour cette raison qu’Orange a longtemps trainé des pieds pour déployer un réseau fibre puisque sont réseau en cuivre, amorti depuis longtemps, lui permet de gagner beaucoup d’argent.
 
Les problèmes sont également techniques. Les opérateurs ont normalement 6 mois pour fibrer un immeuble à partir du moment où la convention avec les syndics est signée. Mais ce délai n’est souvent pas respecté, ou seul le câblage vertical est réalisé mais l’immeuble n’est pas raccordé au reste du réseau.
 
Les choix techniques impactent également les délais de réalisation. Orange et SFR ont choisi le GPON, c’est-à-dire que la fibre arrive jusqu’au NRO puis est éclatée en 64 brins pour desservir 64 appartements. Mais Free a choisi le point à point. Cette technologie est certes plus performante, puisqu’elle offre des débits supérieurs (il n’est pas partagé entre 64 abonnés), mais il faut donc 64 fois plus de « fibre finales ». Les fourreaux, plus épais, sont donc plus difficiles à poser dans les égouts et, surtout, le nombre de NRO est 6 à 10 fois plus important qu’avec le GPON. Free a ainsi investi 70 millions d’euros rien qu’à Paris, pour acquérir 65 NRO, d’une surface moyenne de 150 mètres carrés. Free éprouverait ainsi quelques difficultés à relier ces nombreux NRO aux immeubles qu’il a signés, dans un délai raisonnable. Les autres opérateurs rencontreraient eux également des difficultés quant à ces raccordements.