Quel avenir pour le quadruple play ?

Quel avenir pour le quadruple play ?

 

500 000 abonnés Orange ont souscrit à l’offre quadruple play Open. Lancée en août 2010, l’offre Open d’Orange qui combine Internet Télévision Téléphone et mobile compte 500 000 abonnés pour une facture de 49,90€ par mois soit moins de 50€.

 
Présentée par Les Echos comme la nouvelle panoplie d’Orange prévue pour contrer Free qui doit se lancer dans le mobile en janvier 2012, les offres quadruple play vont –elle s’imposer sur le marché français ?

 
En octobre dernier, Xavier Niel, le fondateur de Free, a vivement critiqué cette nouvelle formule proposée par les 3 opérateurs historiques. Interviewé par Les Echos, Xavier Niel a expliqué que le concept de quadruple play n’a pas de sens :
« Ce terme de “quadruple play” ne rime à rien. Quand nous avons inventé le “triple play”, il y a huit ans, cela correspondait à des services offerts sur un même équipement. Au rythme où vont nos concurrents, demain ils ajouteront sur votre facture la fourniture d’électricité, puis l’eau courante, voire un service de remplissage hebdomadaire de votre frigo, et ils baptiseront cela le “septuple play” ! »

 
L’ensemble des opérateurs mobiles ont maintenant mis en place leurs offres concentrant dans un même forfait les services de téléphonie fixe et portable, accès à internet et Télévision. Mais aux yeux du gendarme des télécoms, la commercialisation des offres quadruple play et l’ensemble des offres proposées impliquent des engagements contractuels qui ne favorisent pas la libre concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile dominé à 95% par Orange, SFR et Bouygues Télécom. De plus, 71% des utilisateurs français sont liés avec leur opérateur par un contrat d’engagement (Un des taux le plus important).

 
Présentées comme des formules phare, ces offres tout en un sont elles de vraies ou fausses bonnes affaires ?[01net.com]

 
Pour les consommateurs qui passent des heures à converser sur leur mobile, ces offres quadruple play apportent un avantage financier certain. Attention tout de même à bien dépouiller les conditions d’engagement. Souvent, les prix affichés ne sont que des prix d’appel.

En zone non dégroupée, les abonnements sont plus chers et les tarifs sont le plus souvent conditionnés à un engagement de 24 mois. Des formules sur une durée de 12 mois sont disponibles mais leurs prix sont le plus souvent dissuasifs. 

 
Au final, chacun peu se faire une opinion sur ce type de formule mais une part d’ombre demeure. L’engagement contractuel est un obstacle non négligeable : le consommateur se retrouve lié à un opérateur unique, tant pour la téléphonie mobile, fixe, qu’Internet. Si cela simplifie la paperasse, avec une seule facture pour tous les services télécoms, la résiliation en devient plus onéreuse puisqu’il faut s’acquitter, par exemple, des mensualités restantes…

 
Pour Edouard Barreiro, chargé de mission sur les nouvelles technologies auprès de l’UFC Que Choisir, « Tant que le consommateur sera lié à un opérateur pour son offre mobile, il n’aura aucune incitation à changer de FAI, puisque le résultat immédiat serait une augmentation de sa dépense globale. Ou alors il devra changer à la fois d’opérateur pour le fixe et le mobile. Ce qui est loin d’être simple. Ensuite, des procédures permettant une migration globale devront être prévues. ».
Ainsi, pour parer aux difficultés de changement d’opérateur, ceux-ci proposent des offres de remboursement.

 
Pour finir, le quadruple play, dans sa forme actuelle, lié à un engagement trop contraignant pour le consommateur peut être perçu comme un non sens. Cela dit, ce type d’offre reste une piste non négligeable pour le dernier entrant qui pourrait prendre en compte les avantages de ces offres tout en évitant le système contraignant de l’engagement. D’autres pistes pourraient aussi être envisagées comme les offres communes au foyer avec plusieurs abonnements sur une seule et même facture.

 
La plus alléchante des offres pour le consommateur restera tout de même la moins chère !