Et si le CSA bloquait la fusion Canal+/TPS…

Et si le CSA bloquait la fusion Canal+/TPS…

Le dossier de fusion est pour le moment entre les mains du conseil de la concurrence qui a jusqu’au  15 juillet pour se prononcer mais comme nous le rapporte Le Point, c’est le CSA qui pourrait bien bloquer cette fusion.

En effet, certains sages craignent que ce consortium des principaux acteurs privés français (Canal+, Lagardère, TF1 et M6) se repartissent de façon amicale les diffusions payantes et gratuites des meilleures productions Hollywoodiennes. Le grand perdant en serait France Télévisions qui n’aurait pas les moyens de lutter pour acheter ces programmes, mais également toutes les chaînes indépendantes ainsi que le groupe AB.

« Quant aux producteurs français, ils ont du souci à se faire. Peut-on laisser à Canal +, retrouvant sa confortable situation de monopole, le droit de vie et de mort sur le moindre producteur de films français ? » prévient un des membre du CSA

Le CSA a-t-il les moyens d’agir ?

Oui, et de façon assez brutale. L’actionnariat du nouveau groupe Canal+/TPS étant «substantiellement modifié », le CSA, au regard de la loi, pourrait retirer l’autorisation d’émettre de Canal+ !

Il pourrait également intervenir à un autre niveau puisque le nouveau groupe détiendrait 8 fréquences sur la TNT alors qu’un seul opérateur ne peut en détenir que 7. Les licences devraient ainsi être annulée et un nouvel appel d’offre lancé.

France Télécom le bouc émissaire

Les moyens financiers de France Télécom feraient peur aux 4 protagonistes de la fusion. Ils craignent en effet que celui-ci lance ses propres chaînes de télévisions et vienne les concurrencer sur leur propre terrain. C’est la raison évoquée pour justifiée de l’urgence de cette fusion.

France Télécom de son coté dément totalement et indique qu’il n’a pas l’intention de lancer des chaînes concurrentes à celle de Canal+ et TPS. ( NDLR : France Télécom à déjà lancé une chaîne télévision qui présente les programmes disponibles sur son offre de vidéo à la demande)

Même si Free est leader sur la télévision par ADSL, il n’est pas mis en cause puisqu’il a toujours indiqué clairement qu’il n’était que diffuseur et qu’il n’avait pas l’intention de se lancer dans la production audiovisuelle. Cette position lui permet de collaborer sereinement avec les acteurs de l’audiovisuel, sans aucune animosité de la part de ceux-ci. Et puis Free est loin d’avoir les moyens financiers de France Télécom, il ne pourrait pas investir massivement dans la production et la création de chaînes.

Les jeux ne sont donc pas encore faits, et l’intégration de TF1 et M6 dans Canalsat voir dans Freebox TV annoncé comme une quasi certitude à l’annonce de la fusion pourrait bien être remis en cause si le dossier n’aboutissait pas…

Source : Le point