Free Mobile : Un réseau tout IP

Free Mobile : Un réseau tout IP

Xavier Niel a répondu aux questions de Guillaume De Calignon, journaliste au quotidien Les Echos sur le lancement en 2012 de Free Mobile.

 
Sur la construction du réseau de téléphonie mobile, la patron de Free a répondu qu’avec le rejet du recours de ses concurrents sur l’attribution de la 4ème licence mobile, le déploiement du réseau allait s’accélérer :

"Nous avons déjà 500 emplacements confirmés pour les antennes et nous avons signé un accord avec TDF pour plus d’un millier supplémentaire. Les discussions concernant les partages de sites avec les opérateurs se passent bien. Nous respecterons les obligations de couverture, c’est-à-dire 27 % de la population en janvier 2012".

 

Free Mobile est une société qui emploie 150 salariés aujourd’hui, à Paris et à Montpellier, dont la plupart ont été nouvellement recrutés. Et environ 1.500 personnes, chez une dizaine de sous-traitants, travaillent pour construire le réseau. Ce sont près de 2.000 emplois créés en neuf mois !

 

La problématique de la 3G :

 
En ce qui concerne les accords d’itinérance 3G, les trois opérateurs mobiles refusent toujours la discussion. En revanche, ils ont fait des offres pour la 2G. Xavier Niel se donne jusqu’à la fin de l’année pour convaincre un opérateur : "En ce qui concerne l’itinérance 3G, les trois opérateurs mobiles en place ont refusé de discuter de ce sujet. C’est pourtant l’assurance pour celui qui signera avec nous de compenser financièrement notre arrivée. C’est un contrat de plusieurs centaines de millions d’euros."

 
De ce fait, Free Mobile ne peut pas, pour l’instant, reproduire les offres "quadruple play". En cas de refus sur l’itinérance 3G, la branche mobile de Free devra se tourner vers une procédure contentieuse.

 

Iliad vise l’objectif d’un chiffre d’affaire de 4 milliards d’euros d’ici 2015. Pour Xavier Niel, le "quadruple play" n’est pas un danger mais son principal problème aujourd’hui, c’est l’itinérance 3G :

"Ce terme de "quadruple play" ne rime à rien. Quand nous avons inventé le "triple play", il y a huit ans, cela correspondait à des services offerts sur un même équipement. Au rythme où vont nos concurrents, demain ils ajouteront sur votre facture la fourniture d’électricité, puis l’eau courante, voire un service de remplissage hebdomadaire de votre frigo, et ils baptiseront cela le "septuple play" !".

 
Un réseau tout IP pour bouleverser le secteur :

 
Sur l’offre, le fondateur de Free n’envisage pas de devenir un fournisseur low cost : "Nous aurons une structure de coût intelligente". La quatrième offre mobile sur le marché français devrait se différencier par l’innovation en construisant un réseau tout IP, en intégrant à terme des capacités mobiles dans la Freebox via les Femto cellules afin de rationaliser le coût de construction et minimiser les frais d’exploitation :

"Et nous économiserons en marketing. Comme dans l’ADSL, nos abonnés seront nos meilleurs vecteurs publicitaires. Le marketing de Free, c’est 4 salariés et 4,5 millions d’abonnés, soit 12 millions d’utilisateurs qui font notre publicité grâce au bouche-à-oreille. Si nous ne révolutionnons pas le marché du mobile, ça ne marchera pas. L’équipe fondatrice de Free souhaite faire du mobile uniquement pour bouleverser ce secteur, comme elle l’a fait dans les télécommunications fixes".

 

Téléphone, SMS et Internet mobile au juste prix :

 
L’offre Free Mobile sera simple : "Aujourd’hui, la multiplication d’offres sans réelles distinctions chez les opérateurs mobiles a pour unique but de maximiser le profit de ces entreprises au détriment de leurs clients".
 
Xavier Niel est également revenu sur la procédure de la Hadopi.
 

Source : Les Echos