Le gouvernement continue à placer ses pions chez France Télécom

Il y avait déjà Stéphane Richard, qui fut directeur du cabinet de Jean Louis Borloo puis de Christine Lagarde et qui occupera la fonction de directeur général de France Télécom le 1er mars prochain. C’est ensuite Christine Albanel qui est annoncée comme la prochaine directrice de la communication du groupe. 
 
La Tribune rapporte de son coté que Mathilde Arnavon, jusqu’alors conseillère en charge de l’identité nationale et de la citoyenneté au cabinet d’Eric Besson, va rejoindre la direction de la communication de France Télécom.
 
Même si les gouvernements successifs sont coutumiers de ce type de nominations, placer autant de personnalités, qui pour certaines ont eu à traiter des dossiers impliquant France Télécom et ses concurrents, peut porter à débat. De nombreux arbitrages doivent en effet être apportés par l’Etat ou des institutions, que ce soit en ce qui concerne le déploiement de la fibre ou les exclusivités télévisuelles. Avec une direction autant liée au pouvoir et un actionnaire principal qui n’est autre que l’Etat, les décisions à venir pourront-elles se faire en toute indépendance et dans l’unique objectif de favoriser la concurrence ?
 
Conscient du risque, l’Etat lui-même a mis en place des règles évitant ce type de collusion puisqu’un responsable politique ou un haut fonctionnaire ne peut rejoindre la direction d’une entreprise privée avant un délai de 3 ans suivant la cessation de ses fonctions s’il a eu entre les mains des dossiers concernant cette entreprise privée. Des règles qui ne sont visiblement pas respectées, et que l’Etat peut détourner allègrement en demandant l’approbation de la commission de déontologie, qui la donne sans sourciller.