Vers une hausse inéluctable des forfaits triplay ?

Vers une hausse inéluctable des forfaits triplay ?
 
A ce sujet, Maxime Lombardini déclarait en novembre 2008 : "Aujourd’hui, les français, je ne suis pas sûr qu’ils aient envie de voir leurs abonnements Internet augmenter. Et nous, il y a un moment où on ne peut plus supporter les taxes nouvelles tous les 6 mois. On a déjà du aider le CNC pour financer le cinéma, on a ensuite vu les hotlines se voir interdire toute facturation. Des choses, en plus, qui ne nous concerne pas très directement, c’est un euphémisme."
 
D’autres taxes devraient également s’ajouter. Par exemple la mission Zelnik souhaite de son côté faire financer en partie par les FAI le coût de ses propositions. Sans compter les mesures de la loi Hadopi dont le coût induit par le traitement des cas envoyés par l’Hadopi n’est pas sur d’être pris en charge par l’Etat. Le gouvernement devrait également annoncer la création d’un fond de soutien destiné à financer un tarif social de l’ADSL pour les foyers les plus démunis. Sans compter des organismes comme la SACEM ou encore Libération qui souhaitent également faire passer les FAI à la caisse.
 
Pour prendre l’exemple de Free, ce dernier paie environ 70 millions de taxes par an (30 millions à la Sacem, 10 millions au titre du Cosip, la taxe disque dur, la taxe France Télévisions, etc…), ainsi que l’annonçait recemment Maxim Lombardini (source Satmag). Pour comparaison, le résultat net 2008 (le résultat 2009 n’est pas encore disponible) du groupe Iliad était de 100,4 millions d’euros. Même si l’entreprise est prospère, elle ne pourra éternellement absorber les nouvelles taxes qui se profilent, notamment dans un contexte où ses investissements sont importants, que ce soit dans le déploiement d’un réseau 3G ou d’un réseau FTTH. L’exemple de Free vaut également pour les autres opérateurs.
 
On notera également que depuis presque 10 ans, le tarif du forfait n’a pas bougé d’un centime, alors même que l’inflation moyenne était de 1,5 à 2% chaque année (même si la baisse des tarifs de gros de France Télécom ou encore la part de 50% du forfait sur laquelle est appliqué le taux de TVA réduite a permis d‘absorber une partie de l‘inflation). Un fait quasiment unique puisque, que ce soit pour les abonnements EDF ou Canalsat par exemple, les augmentations sont régulières.
 
Dans ces conditions, les opérateurs ont 2 possibilités pour absorber les nouvelles taxes : voir à la baisse leurs investissements, ce qui semble peu probable, ou répercuter ces taxes sur la facture de l’abonné, comme ils l’ont annoncé. Même si aucun date n’a été précisée, il se pourrait que cette refacturation ait lieu rapidement et vraisemblablement avant la fin de l’année. En effet, si les opérateurs répercutent réellement les taxes sur la facture des abonnés, les pouvoir publics auront beaucoup plus de mal à en annoncer de nouvelles puisque ce seront directement les abonnés qui s’en acquitteront.
 
Quoi qu’il en soit, alors que la France dispose des offres triplay les plus compétitives au monde et que les opérateurs investissent des centaines de millions d’euros chaque année en France, les pouvoirs publics pourraient faire vaciller ce modèle, ne voyant dans les opérateurs télécom que des poules aux œufs d’or.