IPTV : Orange, Free, Bouygues et SFR mobilisés pour couper les diffusions illégales de la Coupe du monde, une première salve déjà déployée
Après un premier essai lors de Roland-Garros, l’Arcom déploie pendant la Coupe du monde son dispositif de blocage en temps réel des flux IPTV pirates. Des dizaines d’adresses IP ont déjà été ciblées avec l’appui des opérateurs français.
Un nouveau cap vient d’être franchi dans la lutte contre le piratage des compétitions sportives en France. Selon les informations de L’Informé, l’Arcom, en coordination avec les fournisseurs d’accès à internet et les ayants droit, a activé lundi soir un vaste dispositif destiné à couper l’accès aux flux IPTV diffusant illégalement les matchs de la Coupe du monde.
Quelques minutes avant le coup d’envoi de la rencontre Espagne – Cap-Vert, Orange, Bouygues Telecom, Free et SFR ont ainsi reçu une demande de blocage visant 55 adresses IP identifiées comme servant à retransmettre illégalement la compétition.
L’objectif est clair : ne plus attendre que les contenus circulent massivement pour intervenir, mais agir directement à la source pendant la diffusion.
Cette opération marque une montée en puissance spectaculaire par rapport au premier test conduit lors de Roland-Garros, où seulement dix adresses IP avaient été ciblées. Ce nouveau dispositif n’a rien d’improvisé. En mai 2025, l’Association pour la Protection des Programmes Sportifs (APPS), qui regroupe notamment Canal+, beIN Sports, Eurosport, TF1, France Télévisions, La Chaîne L’Équipe ou encore la LFP, a signé un accord avec les principaux opérateurs français.
L’objectif était de préparer le déploiement opérationnel du blocage dynamique des infrastructures pirates, mais aussi de définir les responsabilités en cas de surblocage, c’est-à-dire lorsqu’un service légal pourrait être touché indirectement parce qu’il partage la même infrastructure technique.
Le premier exercice grandeur nature, réalisé fin mai pendant Roland-Garros, aurait été concluant. L’Arcom évoque une « opération réussie », avec différents scénarios testés : blocages temporaires, levées automatiques ou encore simulations d’incidents techniques. Ce déploiement s’appuie sur une décision judiciaire obtenue début juin. Détentrice de l’intégralité des droits de la Coupe du monde, beIN Sports avait saisi la justice afin d’obtenir le blocage de plusieurs services IPTV et plateformes de diffusion illicite.
Une fois cette décision obtenue, la chaîne a pu demander à l’Arcom d’étendre les restrictions à des listes d’adresses IP supplémentaires grâce au mécanisme prévu par le Code du sport. Pendant toute la durée de la compétition, jusqu’au 19 juillet, ce dispositif de blocage IP sera complété par des mesures plus classiques visant les noms de domaine. Toujours selon L’Informé, près de 200 noms auraient déjà été neutralisés depuis le début du tournoi.
Pour suivre le rythme des rencontres et traiter les demandes en continu, l’Arcom aurait mobilisé une équipe dédiée de 12 agents fonctionnant par roulement, y compris en dehors des horaires classiques de bureau.