Antennes mobile et TNT incendiées : la justice tape fort, de la prison ferme requise
Deux prévenus jugés pour des incendies d’infrastructures télécoms et TNT risquent de lourdes peines.
Le ton monte dans le dossier des sabotages d’infrastructures télécoms. Lors d’un procès devant le tribunal correctionnel de Limoges, le parquet a requis des peines de prison ferme à l’encontre de deux personnes soupçonnées d’avoir incendié en février 2020 plusieurs véhicules d’Enedis avant de viser un an plus tard, le 11 janvier 2021, un site de diffusion TNT et hébergeant des antennes mobiles, exploité par TDF aux Cars, en Haute-Vienne.
Face à ces actes, la procureure a requis des peines significatives : quatre ans de prison dont deux ferme contre un homme de 70 ans qui conteste les faits, et cinq ans dont trois ferme contre une femme d’une cinquantaine d’années ayant reconnu sa participation, indique France 3.
Au-delà des faits, le procès a pris une dimension idéologique. Les débats ont largement porté sur la contestation des technologies numériques dont la 5G, certains militants présents ont d’ailleurs sauté sur l’occasion pour dénoncer leur impact environnemental. La défense, elle, a tenté de qualifier ces actions de “symboliques”, en insistant sur l’absence d’atteinte aux personnes.
Mais sur le plan juridique, la qualification des faits est loin d’être anodine. Comme le rappelle l’avocat spécialisé Alex Archambault, “la dégradation d’un bien destiné à l’utilité publique […] appartenant à une personne chargée d’une mission de service public […] relève de l’article 322-3 du code pénal”. Une infraction aggravée qui expose ses auteurs à des sanctions plus lourdes, en particulier lorsque des infrastructures critiques comme les réseaux télécoms ou énergétiques sont visées. Dans ce contexte, le parquet semble vouloir envoyer un signal clair face à la multiplication de ce type d’actions. Les antennes, réseaux électriques ou sites de diffusion sont en effet considérés comme des maillons essentiels du fonctionnement quotidien, bien au-delà du simple usage numérique. La décision du tribunal est attendue le 3 avril.