Sarkozy peut-il empêcher Free d’obtenir la 4ème licence 3G ?

Sarkozy peut-il empêcher Free d’obtenir la 4ème licence 3G ?

Les déclarations du Président de la République lors d’un déjeuner mardi dernier avec les députés UMP n’auront pas manqué d’être analysées par toute la presse. Nicolas Sarkozy s’était alors dit « assez sceptique et réservé sur le choix d’un quatrième opérateur mobile. Car le prix le plus bas n’est pas forcement le meilleur. Faut voir la qualité du postulant.»

Ces propos visent directement Free qui est le seul opérateur à avoir affirmé qu’il souhaitait faire baisser les tarifs dans le mobile. La première réaction n’aura pas tardé, et ce fut celle de la Bourse. L’action Iliad a chuté de 2,2 %.

L’UFC-Que choisir, très favorable à l’arrivée d’un 4eme opérateur qui ferait baisser les tarifs s’est dit « un peu dépité ». Et Edouard Barreiro de dénoncer les accointances entre le cartel du mobile et l’Elysée « On voit une relation entre le lobby très important des opérateurs, et leurs déclaration fracassantes à la Commission Européenne, et les propos de Nicolas Sarkozy. ». Et d’ajouter « On est un marché, le seul à ma connaissance, ou on a eu une condamnation des 3 opérateurs pour entente. Depuis cette condamnation, on n’a pas vu un bouleversement dans leurs politiques tarifaires. »

Et l’on aurait tord de penser que les propos de Nicolas Sarkozy ont été prononcés à la légère. « Dans l’entourage du Président, on insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une petite phrase lancée à la légère, mais bien au contraire le fruit d’une réflexion menée depuis plusieurs semaines » rapporte Les Echos

Priorité aux amis au détriment des français

« Le dossier est entièrement piloté par l’Elysée. Le ministère des Finances et celui de l’Industrie reçoivent des ordres et des commandes et s’exécutent sans moufler. Sarkozy sait qu’en politique il n’y a pas d’amitié, il n’y a que des preuves d’amitié. Il vient d’en donner une. » a soufflé un averti au journal libération. Mais dans une démocratie ou le peuple est censé être souverain peut-on accepter que son représentant élu défende l’intérêt de ses amis au détriment de celui des français ? Les grands medias, quant à eux, et comme à leur habitude, devraient une fois de plus passer sous silence les magouilles élyséennes dans ce dossier de la 3G. Les français ne seront ainsi pas tenus au courant de ce qui se trame dans leur dos.

Pour autant, l’appel d’offre étant lancé, et à moins de le juger infructueux, il ne peut être arrêté. Mais le dossier de Free n’aura pas les faveurs de L’Elysée qui préférera un candidat qui mettra en avant la construction d’infrastructures et l’aménagement du territoire et non les tarifs qu’il compte pratiquer. De quoi garantir à l’ami Martin Bouygues que le nouvel entrant ne viendra surtout pas bousculer le marché du mobile qui pourra tranquillement continuer à s’engraisser sur le dos des français.

A la lueur de ces dernières informations, les propos récents de Xavier Niel dans The Economiste prennent une toute autre ampleur.