Orange : échec sur la prise de contrôle totale de sa filiale belge

Orange : échec sur la prise de contrôle totale de sa filiale belge

L’OPA sur Orange Belgium n’aura pas eu l’effet escompté. Orange ne détient désormais que 77% de sa filiale belge, loin des 95% nécessaires pour la retirer de la Bourse.

Une prise de contrôle contrée par les actionnaires majoritaires. L’opérateur historique français lançait début avril une OPA pour mettre la main à 95% sur sa filiale belge (Orange Belgium), en vue de la retirer de la Bourse de Bruxelles. L’opération s’est soldée par un échec.

A l’issue de l’OPA, le groupe n’a récupéré que la moitié des titres convoités, et détient donc désormais 77% d’Orange Belgium. Le retrait de la Bourse n’est donc pas possible, l’opérateur historique devra encore écouter ses actionnaires minoritaires.

Ces derniers ont d’ailleurs clairement montré qu’ils savaient se faire entendre. En effet, le fond Polygon, premier actionnaire minoritaire, est le caillou dans la chaussure d’Orange ayant empêché le succès de l’opération. En effet, l’actionnaire estimait que le prix proposé par Orange est “dérisoire” et revenait à “sous-évaluer substantiellement” l’entreprise. Malgré cela, l’opérateur lançait son OPA le 8 avril et maintient son prix. Les 22€ représentent en effet un premium de 36% par rapport au cours de clôture et de 38% par rapport au cours moyen sur douze mois.

Cependant, Polygon estimait que le premium se basait sur un actif injustement déprécié, suite à la crise du Covid-19, puisqu’en 2019, l’entreprise avait atteint un pic à 21€ par action. Le fond d’investissement estimait la valeur de l’action Orange Belgium entre 32 et 36€, voire jusqu’à 45€ et n’a donc pas vendu ses actions (5.3% du capital). Son raisonnement se basait notamment sur la valeur des pylônes de téléphonie de l’opérateur belge. Ces actifs ont vu leur prix flamber ces dernières années et représentait, au sens de Polygon, un “Picasso” à valoriser avec le reste de la maison. La maison-mère française considérait cependant que ces actifs ne seraient pas cédés et que la valeur de ces tours ressortait des accords de mutualisation signés avec un concurrent.

Ce sont finalement les arguments de Polygon qui ont convaincu d’autres minoritaires. Si Orange a choisi de prolonger son offre d’une semaine, il n’a pas changé le prix et n’a donc pu récupérer que 22% du capital.

Orange met de l’eau dans son vin

Le directeur général délégué d’Orange se félicite néanmoins du renforcement de la participation. “Nous disposons désormais de moyens pour améliorer la flexibilité financière d’Orange Belgium, déployer plus efficacement sa stratégie de création de valeur à long terme et lui permettre de mieux réagir aux transformations majeures du marché belge” affirme-t-il. Avec plus de 75% du capital, l’opérateur historique aura les coudées plus franches, face à un marché belge en pleine consolidation. 

De plus, l’opération n’aura pas eu d’impact sur son bilan, puisqu’elle a pu être financée par un magot providentiel, à savoir le remboursement d’un trop-perçu fiscal de 2,2 milliards d’euros l’année dernière. Un coup d’épée dans l’eau certes, mais sans trop de conséquences négatives.

Source : Les Echos