Free s’allie à SFR et Bouygues Telecom pour faire passer l’Etat à la caisse sur Huawei

Free s’allie à SFR et Bouygues Telecom pour faire passer l’Etat à la caisse sur Huawei

Non autorisé à utiliser les équipements de Huawei pour déployer la 5G, Free s’associe à deux de ses rivaux pour faire payer l’Etat.

L’union fera t-elle la force ? Ils sont désormais trois opérateurs à batailler pour tenter de faire payer l’Etat qui tend à leur imposer de ne pas faire appel à Huawei pour déployer la 5G. Selon les informations de l’Express, Free a rejoint SFR et Bouygues Telecom dans cette lutte. “La question prioritaire de constitutionnalité (QPC) était abordée ce mardi matin sur fonds de sécurité nationale“, explique l’hebdomadaire.

Pour rappel, Huawei fait l’objet d’une certaine méfiance en France vis-à-vis de ses équipements réseau. La raison réside dans des soupçons d’espionnage pour le gouvernement chinois, relayés par le gouvernement américain sous Donald Trump. Un sujet qui est plutôt brûlant parmi les opérateurs. Bouygues doit démanteler 3000 antennes Huawei en zones très denses, mais est également touché, à l’instar de son concurrent SFR, pour le déploiement de la 5G. En effet, l’utilisation des équipements chinois est limitée par des autorisations délivrées par le gouvernement et doit prendre fin d’ici à 2028 au plus tard. Un coup dur pour SFR et Bouygues, dont la moitié du réseau utilise déjà Huawei et pour qui l’équipementier était une solution de choix pour déployer la 5G. Orange a quant à lui définitivement cessé de travailler avec Huawei en France.

Bouygues Telecom et SFR ont déposé l’année dernière une question prioritaire de constitutionnalité pour revoir l’arrêté “anti-Huawei“. D’après le rapporteur public, les nouvelles obligations instaurées, notamment celle les obligeant à retirer leurs antennes Huawei des grandes villes, “font peser une charge lourde sur Bouygues Telecom et SFR et qu’aucun régime d’indemnisation n’était prévu, alors qu’aux Etats-Unis une somme de 1,8 milliard de dollars a été débloquée “. 

Les arguments ont fait mouche puisque le conseil d’État a validé le 19 novembre dernier la requête des deux opérateurs visant à passer devant le Conseil Constitutionnel. Celui-ci pourra ainsi examiner la conformité des limites imposées aux opérateurs concernant les équipements de la firme de Shenzhen. En septembre dernier, le secrétaire d’état au numérique avait cependant annoncé qu’il n’y avait aucun dédommagement prévu pour les deux opérateurs, qui utilisent Huawei sur une majeure partie de leurs réseaux.

De son côté, Free n’a pas été autorisé à faire appel à Huawei pour la 5G en France à contrario de ses deux rivaux. L’opérateur de Xavier Niel dénonce un problème d’égalité.