Une technologie invisible permet à Netflix, YouTube, Amazon d’arriver plus vite chez les abonnés Free, Orange, SFR et Bouygues
Pour diffuser toujours plus rapidement les vidéos et autres contenus, Netflix, Google, Amazon ou encore Meta installent désormais des serveurs directement au sein des réseaux des fournisseurs d’accès. Une technologie qui permet de réduire de 19 % le trafic transitant par les interconnexions Internet, selon l’Arcep.
Regarder une série Netflix, une vidéo YouTube ou faire défiler Instagram ne signifie plus forcément que les données parcourent des centaines ou milliers de kilomètres avant d’arriver chez vous. Comme l’explique l’Arcep dans son récent nouveau rapport de l’Internet, « la transmission des contenus, notamment vidéo, de manière fluide est devenue capitale » pour les fournisseurs de contenus. Alors c’est très simple, pour améliorer l’expérience des utilisateurs, ces derniers déploient désormais des CDN internes (Content Delivery Networks), c’est-à-dire des serveurs de cache directement installés dans les réseaux des fournisseurs d’accès à Internet.
Leur rôle ? stocker temporairement les contenus les plus demandés au plus près des abonnés. Cette architecture réduit la latence, accélère le chargement des vidéos et répartit plus efficacement la charge lorsque des millions d’utilisateurs regardent simultanément un même contenu.
Netflix, Google, Amazon et Meta sont déjà présents
Pour y parvenir, les plateformes concluent des partenariats avec les opérateurs afin d’héberger leurs serveurs directement dans leurs infrastructures. L’Arcep cite notamment Netflix, Google, Amazon et Meta, qui peuvent intégrer leurs propres serveurs dans le réseau de certains opérateurs français. Les chiffres montrent aujourd’hui que ces CDN internes sont devenus incontournables. Entre fin 2024 et fin 2025, le trafic délivré par ces serveurs vers les abonnés est passé de 12,1 à 14,8 Tbit/s, soit une progression de 22,6 %.

Autre enseignement, leur efficacité semble particulièrement impressionnante car pour alimenter ces serveurs, une donnée n’est téléchargée qu’une seule fois depuis Internet, puis elle est réutilisée de nombreuses fois. Comme le souligne l’Arcep, le ratio entre le trafic reçu par un CDN et celui redistribué aux utilisateurs varie de 8 à 23 selon les opérateurs, avec une moyenne de 11. Autrement dit, chaque donnée téléchargée vers un serveur de cache est consultée en moyenne onze fois par les abonnés avant qu’il soit nécessaire de la récupérer à nouveau.
19 % de trafic en moins sur les interconnexions
Cette organisation soulage pour ainsi dire directement les infrastructures : « le recours aux CDN internes permet de limiter le trafic à l’interconnexion et par conséquent le dimensionnement des liens », indique le régulateur. À usages identiques des internautes, la présence de ces serveurs permet de réduire de 19 % le trafic entrant à l’interconnexion. En 2025, environ 21 % du trafic destiné aux abonnés provenait directement des CDN internes, contre 19 % un an auparavant. Cette proportion varie toutefois fortement d’un opérateur à l’autre, de 14 % à 48 %, selon les données du régulateur.