France Télévisions dénonce un projet qui affaiblirait l’offre publique, tandis que le président de la commission d’enquête défend une réforme différente des propositions du rapporteur Charles Alloncle.
Le rapport explosif du député UDR Charles Alloncle, désormais publié, n’a pas seulement déclenché une réaction politique, il provoque désormais une riposte frontale de France Télévisions et une prise de distance au sein même de la commission d’enquête. Dans un communiqué publié ce jour, France Télévisions en effet critique sévèrement les orientations du rapport. Le groupe estime que les propositions avancées reposent sur une “vision élitiste de la télévision publique”.
Revendiquant être le 1er investisseur du secteur audiovisuel avec la production d’un un PIB supérieur à l’industrie automobile, il rappelle générer près de 70 000 emplois sur les territoires et surtout avoir réalisé des économies massives ces dernières années : “nous coûtons 20% de moins aux Français qu’il y a 10 ans”. Si le rapport propose de réaliser un milliard d’euros d’économies par an, dont environ 400 millions d’euros € dans les contenus de France Télévisions, “c’est l’équivalent de 100% des investissements du groupe dans les séries, les documentaires, l’animation et la captation de spectacles culturels. Cette proposition mettrait en péril des milliers d’emplois et engendrerait un déclassement historique de la France dans la bataille mondiale des contenus et de l’attention”, précise le groupe.
“Je crois profondément au service public audiovisuel, à son utilité démocratique, à son rôle culturel, à sa mission d’information, à son devoir de cohésion nationale. Oui à la réforme, à la modernisation et à l’exigence que nous devons aux Français. Mais le démantèlement de la télévision publique n’est pas un avenir souhaitable. France Télévisions continuera d’évoluer. Tout ce qui est réalisable, utile, cohérent avec nos missions sera mis en place. Nous répondrons sur tous les points et les propositions du rapport. Reprenons le débat à la racine. Avec des faits. Avec du respect. Avec une vision d’avenir”,a déclaré en réaction Delphine Ernotte Cunci, président du groupe audiovisuel public. Cette prise de position vise directement les mesures portées par Charles Alloncle, qui prévoient notamment la suppression de (France 4 et de Mouv’, des fusions entre entités (France 5 avec France 2, rapprochement de franceinfo et France 24), ainsi qu’une réduction significative des budgets, y compris sur des piliers historiques comme le sport ou le divertissement. Des propositions déjà évoquées fin avril, présentées comme un moyen de générer plus d’un milliard d’euros d’économies.
Mais la contestation ne vient pas uniquement de l’extérieur. Elle s’exprime aussi en interne. Dans un entretien exclusif accordé au Figaro, Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission d’enquête, prend clairement ses distances avec le rapporteur. Il déplore une commission marquée par une dérive vers une forme de “démocratie du spectacle” et reconnaît que le cadre des travaux n’a pas toujours permis un débat serein. Surtout, il conteste la finalité politique du rapport, estimant que celui-ci pourrait servir à “préparer les esprits” à une privatisation de l’audiovisuel public. Là où le rapport Alloncle propose de réduire le périmètre et les moyens, le président de la commission défend une logique inverse, à savoir renforcer le service public. Il plaide pour la création d’une structure unique regroupant France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA, afin de mutualiser les fonctions de gestion sans réduire l’ambition éditoriale.
Ce désaccord traduit deux approches profondément différentes. D’un côté, une réforme centrée sur les économies et la réduction du périmètre. De l’autre, une transformation structurelle visant à renforcer la cohérence et la puissance du service public face à la concurrence des plateformes et des réseaux sociaux. Le président de la commission insiste sur un point clé : les économies doivent porter sur l’organisation, pas sur les contenus. Il défend une logique de synergies et de gouvernance commune, tout en refusant toute “ingérence politique” dans les nominations. À ce titre, il s’oppose au retour d’une désignation des dirigeants par l’exécutif, préférant un modèle confié aux conseils d’administration avec un renforcement des profils indépendants. Il appelle également à mieux définir dans la loi les notions d’impartialité, de neutralité et de pluralisme, ainsi qu’à renforcer les exigences déontologiques, notamment à l’ère des réseaux sociaux. La ligne esquissée cette semaine par Catherine Pégard, ministre de la Culture, se confirme donc : la réforme de l’audiovisuel public est inévitable, mais elle ne pourra pas se faire sans arbitrages majeurs.
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