Face à un “immobilisme politique”, le patron de TF1 tire à boulets rouge et pointe une nouvelle concurrence qu’il juge comme trop ignorée par la régulation européenne.
Le ton se durcit dans le secteur audiovisuel. Pour Rodolphe Belmer, patron de TF1, l’heure n’est plus à la rivalité avec les plateformes de streaming comme Netflix ou Amazon, mais à un combat frontal contre un autre acteur devenu central : YouTube.
Longtemps perçues comme une menace, les plateformes de streaming américaines ont changé de statut. Désormais, elles sont considérées comme des partenaires intégrés à l’écosystème européen. “Elles sont dans le même bateau que nous”, estime Rodolphe Belmer, soulignant leurs investissements massifs dans la création locale. Une analyse partagée par Ted Sarandos, qui reconnaissait récemment que YouTube est devenu un concurrent direct de la télévision. Une convergence de discours qui illustre un basculement stratégique majeur dans l’audiovisuel.
Le véritable déséquilibre, selon TF1, vient du modèle économique de YouTube. La plateforme bénéficie d’un statut d’hébergeur qui lui permet d’échapper à de nombreuses contraintes imposées aux chaînes de télévision et aux services de streaming. Résultat : pas d’obligation de financement des œuvres; des coûts de production très faibles et une pression réglementaire limitée sur la publicité affirme le patron de TF1. Conséquence directe : des tarifs publicitaires bien plus compétitifs. Rodolphe Belmer évoque un écart allant jusqu’à “1 à 3” avec les diffuseurs traditionnels.
“C’est une concurrence qu’on ne sait pas suivre”, tranche-t-il. Contrairement à l’image d’une plateforme mobile, YouTube s’impose désormais massivement sur le téléviseur. Selon Médiamétrie, 67 % des utilisateurs regardent YouTube sur leur TV. Un chiffre clé qui renforce la légitimité des chaînes à réclamer une régulation équivalente.
Face à ce constat, TF1 appelle à une refonte des règles du jeu. Deux options sont mises sur la table imposer à YouTube des obligations similaires (notamment en matière d’investissement dans la création européenne) ou alléger les contraintes qui pèsent sur les acteurs historiques L’enjeu est clair : instaurer “un niveau de compétition égal”. Parmi les pistes évoquées, Rodolphe Belmer suggère par exemple d’imposer à YouTube de financer certains secteurs comme l’animation, particulièrement consommée par les jeunes.
De son côté, la plateforme de Google rappelle qu’elle est déjà encadrée par plusieurs réglementations européennes, notamment le Digital Services Act, le Digital Markets Act ou encore le RGPD. Mais elle insiste sur un point clé : elle n’est “ni producteur ni éditeur”, ce qui la distingue fondamentalement des chaînes et des plateformes de streaming, et justifie selon elle l’absence d’obligation de préfinancement.
Dans ce contexte tendu, TF1 adopte une stratégie pragmatique. Dès cet été, ses contenus seront proposés directement sur Netflix. Un rapprochement assumé par Rodolphe Belmer : les programmes de TF1 sont aujourd’hui sous-consommés par les abonnés de la plateforme, et ce partenariat doit permettre de toucher un public plus large.
Reste un problème majeur : le décalage entre la vitesse du marché et celle de la régulation. “Le rythme de la régulation est totalement déconnecté du rythme de la technologie”, déplore Rodolphe Belmer, pointant un “immobilisme politique” au niveau européen. Alors que la révision de la directive sur les services de médias audiovisuels est attendue d’ici la fin de l’année, les acteurs traditionnels redoutent de devoir patienter encore, pendant que YouTube continue de gagner du terrain.
Source : Politico
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