La France accélère sa lutte contre le piratage sportif, avec un nouvel outil de blocage automatisé qui doit être testé dès cette année avant un déploiement à grande échelle pour la Coupe du monde.
Face à l’ampleur du phénomène, les autorités veulent passer à la vitesse supérieure. En 2025, près de 7.5 millions d’internautes ont consulté des services pirates. Le sport est particulièrement concerné, avec une consommation qui représente un fort manque à gagner pour les ayants droit. Un enjeu majeur, alors que les droits TV constituent une part essentielle du financement du sport, notamment du football professionnel.
Le cœur du dispositif repose sur une mesure technique : le blocage automatisé des adresses IP utilisées pour diffuser illégalement des événements sportifs. Contrairement aux procédures actuelles, jugées trop lentes, ce système doit permettre une réaction quasi immédiate.
Concrètement, les fournisseurs d’accès à Internet surveilleront en temps réel les flux suspects. Dès qu’une adresse IP est identifiée comme servant à retransmettre illégalement une compétition, elle pourra être bloquée temporairement, voire de manière répétée. L’objectif est clair : perturber suffisamment l’accès aux contenus pirates pour décourager les utilisateurs et les inciter à se tourner vers des offres légales. Les opérateurs étaient déjà en train de travailler avec le régulateur de l’audiovisuel en fin d’année dernière pour préparer ce dispositif.
Avant une généralisation, ce dispositif doit être testé sur plusieurs événements majeurs. Le tournoi de Roland-Garros servira notamment de terrain d’expérimentation pour évaluer l’efficacité du blocage en conditions réelles. Si les résultats sont jugés concluants, le système sera pleinement déployé à l’occasion de la Coupe du monde. Cette échéance constitue un objectif stratégique pour les autorités, qui souhaitent éviter une explosion du piratage lors de cet événement mondial très suivi.
Ce n’est pas la première fois que l’idée émerge, l’Arcom travaillant à sa mise en place depuis longtemps et devrait donc l’acter dès mai, pour une mise en place en juin de cette année. Plusieurs associations de défense des libertés numériques s’inquiètent du risque de surblocage. Le blocage IP peut en effet toucher des services légitimes partageant la même infrastructure que des sites illicites, surtout dans le cas d’hébergements mutualisés ou de CDN. Dans certains pays, comme l’Espagne ou l’Italie ou ce type de dispositif a déjà été mis en place, beaucoup de problèmes ont émergé La Cour européenne des droits de l’Homme a déjà condamné des dispositifs jugés insuffisamment proportionnés. L’Arcom insiste donc sur la nécessité d’un contrôle strict et d’une intervention humaine systématique pour éviter tout dérapage.
Cette initiative intervient dans un contexte où la France est souvent considérée en retard sur la lutte contre le piratage, notamment comparée à d’autres pays européens. Les dispositifs précédents, comme la HADOPI, ont montré leurs limites : des millions d’avertissements envoyés pour un nombre très limité de condamnations. Dans le domaine du sport, où la consommation est instantanée et massive, ces outils apparaissent désormais inadaptés.
Le déploiement complet de cet outil reste toutefois conditionné à l’adoption d’un cadre législatif. Le texte encadrant ce blocage automatisé est encore en attente de validation par le Parlement. En attendant, les tests permettront d’ajuster le dispositif, tant sur le plan technique que juridique, avant une mise en œuvre à grande échelle. Si elle tient ses promesses, cette nouvelle approche pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’IPTV illégale en France, en ciblant directement les infrastructures du piratage plutôt que ses utilisateurs.
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