Dans une tribune, des milliers d’acteurs dénoncent la duplication de leurs voix ou de leurs visages par l’intelligence artificielle. Ils appellent les responsables politiques à légiférer rapidement pour encadrer ces usages.
À quelques jours de la 51ᵉ cérémonie des César, près de 4 000 comédiens français tirent la sonnette d’alarme sur l’usage croissant de l’intelligence artificielle dans l’audiovisuel. Dans une tribune publiée dans Le Parisien, plusieurs artistes, dont Léa Drucker, Karine Viard et José Garcia, demandent la mise en place urgente d’un cadre juridique pour encadrer l’utilisation de leurs voix et de leurs images par l’IA.
Les signataires dénoncent un phénomène qu’ils qualifient de « pillage », estimant que certains outils d’intelligence artificielle permettent déjà de dupliquer la voix ou l’apparence d’un comédien sans véritable contrôle. Selon eux, les sociétés spécialisées dans l’IA multiplient les propositions de contrats visant à exploiter l’image ou la voix d’artistes pour entraîner leurs modèles ou remplacer des tournages.
Dans certains cas, les conditions proposées sont jugées dérisoires. Les comédiens évoquent notamment une offre de 250 euros pour autoriser l’utilisation de l’image d’un acteur dans une publicité générée par IA, en remplacement de plusieurs jours de tournage. Les artistes dénoncent un risque particulier pour les professionnels les moins connus, qui peuvent être tentés d’accepter ces contrats faute de pouvoir les refuser.
Le clonage de voix sans autorisation est également pointé du doigt. Depuis plusieurs années, l’association Les Voix alerte sur la multiplication de ces pratiques dans le doublage et la voix off. Certains comédiens affirment avoir découvert que leur voix avait été utilisée sans accord préalable, ni rémunération.
Les signataires réclament donc l’instauration d’un cadre légal clair afin de garantir la coexistence entre l’intelligence artificielle et le travail des artistes. Plusieurs responsables politiques ont déjà commencé à se saisir du sujet. Les sénateurs Catherine Morin-Desailly et Pierre Ouzoulias ont par exemple déposé une proposition de loi visant à renforcer la protection des créateurs face à l’exploitation de leurs œuvres par l’IA.
La tribune appelle désormais l’ensemble de la classe politique à agir rapidement. Les artistes estiment que la France doit mettre en place une “réglementation ambitieuse” afin de protéger les droits d’auteur et les droits voisins à l’ère de l’intelligence artificielle. Le texte a été rédigé à l’initiative de Adami, la société chargée de gérer les droits des artistes-interprètes. Sa directrice générale, Elizabeth Le Hot, plaide également pour que la protection de l’image et de la voix s’applique même après la mort des artistes. Autre demande des professionnels du secteur : l’obligation d’indiquer clairement lorsqu’une image ou une voix a été générée par intelligence artificielle. Une mesure que certains comédiens jugent indispensable pour garantir la transparence auprès du public et préserver l’intégrité du travail artistique.
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