Comparatif 5G : les atouts et faiblesses des fréquences dont dispose déjà Free et celles qu’il pourrait acquérir

Comparatif 5G : les atouts et faiblesses des fréquences dont dispose déjà Free et celles qu’il pourrait acquérir

Les enchères 5G ont commencé aujourd’hui, et Orange, Free, Bouygues et SFR bataillent pour acquérir le maximum de fréquences pour déployer la nouvelle génération de téléphonie mobile. Mais l’opérateur est le seul à avoir déployé massivement une autre bande-fréquences utilisable en 5G : quelles sont ses forces et ses faiblesses ?

Quelle fréquence pour quelle qualité ? Les enchères actuelles mettent en jeu un total de 11 lots de 10 MHz se trouvant tous dans la bande fréquences 3.4-3.8 GHz (que l’on appelle également 3.5 GHz). C’est sur cette bande que les premières offres seront lancées à la fin de l’année, mais d’autres fréquences pourront être utilisées pour la 5G, notamment la bande-fréquence 700 MHz, mais aussi une bande plus haute, à 26 GHz. Pour éviter de s’y perdre, l’Arcep propose un tableau récapitulatif de chaque bande, avec ses points forts et points faibles. 

Fréquences 5G : des forces et des faiblesses…

Concernant la 3.5 GHz, dont les blocs sont actuellement en train d’être négociés par les opérateurs, il s’agit d’une bande fréquence censée apporter le meilleur rapport qualité prix. L’Union Européenne a enjoint ses membres à la libérer en janvier 2019 et à la réserver pour la 5G. Déjà harmonisée en 2008 et donc peu utilisée, cette fréquence a pour vocation d’être la pionnière de la 5G.

Dite “millimétrique”, la bande 26 GHz devrait pouvoir, grâce à sa largeur importante, offrir “des “débits inégalés et des usages inédits”. A noter que cette bande n’a jusqu’à présent jamais été utilisée pour des réseaux mobiles. Les acteurs tiers qui accéderont à ces plateformes, bénéficieront entre autres d’une autorisation d’utilisation de fréquences en bande 26 GHz pour une durée pouvant aller jusqu’à 3 ans. Comme l’indique le tableau, il s’agit de la bande permettant un meilleur débit, mais le moins de couverture et de pénétration des murs. Une fréquence qui ne sera utilisée donc que dans des cas très particuliers (et notamment pour des usages professionnels). A noter que les deux bandes fréquences évoquées ci-dessus permettent le beamforming, c’est à dire une meilleure focalisation sur un appareil et un lien plus stable entre l’antenne et le terminal, ce que la 700 MHz ne permet pas.

Vient ensuite la bande 700 MHz qui a pour particularité d’être déjà déployée par les telcos. Enfin, surtout un : Free Mobile étant l’opérateur en déployant le plus depuis ses débuts. A date du premier septembre dernier, l’opérateur de Xavier Niel comptait 16 500 antennes activées contre moins de 2500 pour Orange qui est le deuxième sur cette bande fréquence. L’intérêt de cette bande fréquence est surtout la couverture qu’elle apporte, mais surtout son taux de pénétration dans les murs, puisqu’il s’agit d’une fréquence dite “basse” ?. En utilisant cette fréquence, on peut donc avoir une couverture plus grande, mais avec un débit moindre que celui permis par les autres bandes-fréquences.

Free prépare donc le terrain pour pouvoir déployer la 5G sur les fréquences 700MHz, qui seront dévolues à terme à la 5G. Ce déploiement massif de Free permettra donc de prendre une avance importante dans le déploiement de cette nouvelle technologie.

… visibles d’ici 3 ans minimum.

Il faut cependant noter un point important concernant la 5G : les premières répercussions pour l’usage grand public (c’est-à-dire sur smartphones, tablettes, etc.) ne se verront réellement que d’ici environ 3 ans.

En effet, il faut le temps de déployer un réel réseau avec une technologie autonome, ce qui prend du temps. «  La première génération de la 5G va s’inscrire dans le prolongement de la 4G. Il n’y aura pas une valeur ajoutée très différenciante pour le grand public. Ça va maintenir opérationnel et pérenniser les usages actuels de la 4G en apportant de la capacité aux opérateurs et en répondant au besoin croissant de data. Donc, c’est positif. Ça va permettre d’éviter la saturation du réseau. » expliquait Bouygues Telecom en 2019.

La 5G Standalone devrait émerger en 2023 avec un coeur de réseau autonome. C’est à ce moment-là que que les usages vont évoluer de manière “révolutionnaire” puisque cette seconde norme «  va mettre en oeuvre des technologies qui vont faire baisser la latence  » notamment par le biais de la technologie edge computing, la 5G fonctionnera alors avec des coeurs de réseau décentralisés, lesquels seront beaucoup plus proches du client. Dans certaines grandes entreprises, le cœur de réseau et les applications seront même carrément dans l’entreprise. Avant un bouleversement des usages, la patience est donc de mise, d’autant que pour en profiter, il faudra bien sûr se munir d’un appareil compatible.