Concernant une potentielle consolidation dans les télécoms, l’Autorité de la concurrence reste prudente, mais ouverte
Alors que la perspective d’une consolidation dans le secteur français des télécoms, notamment autour d’une potentielle vente de SFR, suscite de nombreuses interrogations, le président de l’Autorité de la concurrence, Benoît Cœuré, s’est exprimé sur le sujet, affichant une position de principe à la fois attentive et mesurée.
Interrogé sur un éventuel rapprochement entre opérateurs sur le plateau de BFM Business, Benoît Cœuré se veut pragmatique : « Le président de l’Autorité de la concurrence est un peu comme saint Thomas, il croit ce qu’il voit », a-t-il déclaré. Autrement dit, pas de position de principe en faveur ou contre une consolidation, mais une analyse qui ne pourra se faire que lorsqu’un projet industriel concret sera présenté. Qui rachète SFR ? Dans quelles conditions ? En totalité ou en partie ? Ce sont, pour lui, les premières questions à trancher avant toute évaluation.
Pour l’heure, aucun dossier ne lui a été soumis, et le président indique ne pas avoir été sollicité officiellement. Néanmoins, il n’est clairement pas fermé sur l’idée : « Le fait que nous ayons cette discussion montre qu’il y a une discussion à avoir. Je ne viens pas dire “ce n’est pas possible”, cela dépendra du mérite de ces projets. »
En cas de consolidation, la priorité sera donnée à la préservation de la concurrence, tant pour les clients grand public que pour les entreprises. Il faudrait des garde-fous pour les clients grand public, mais aussi les clients entreprises, insiste-t-il. L’Autorité mènerait alors une analyse marché par marché, afin de mesurer les impacts potentiels sur la concurrence. « Ce qui est compliqué, c’est de mesurer » l’impact potentiel sur les divers consommateurs que causerait une consolidation, admet Benoît Cœuré, tout en soulignant que chaque segment serait scruté avec attention.
Enfin, à l’échelle européenne, le président de l’Autorité de la concurrence estime que le problème principal ne vient pas de l’excès de concurrence, mais de l’absence d’un véritable marché unique des télécoms. « Il faut des grands groupes européens. S’il n’y en a pas aujourd’hui, ce n’est pas à cause de la concurrence mais parce que le marché reste trop national. », affirme-t-il face aux accusations de grands opérateurs qui aimeraient voir la législation s’alléger pour permettre plus facilement des fusions. Pour Benoît Cœuré, la priorité doit être de réduire les barrières nationales, citant comme exemple les préfixes téléphoniques toujours nécessaires pour appeler d’un pays européen à un autre. Une unification du marché serait selon lui la condition préalable à l’émergence d’acteurs capables de rivaliser avec les géants américains ou chinois du secteur.
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