L’épidémie de COVID-19 pourrait sauver France 4, la chaîne a montré “son utilité de service publique” pendant la crise

L’épidémie de COVID-19 pourrait sauver France 4, la chaîne a montré “son utilité de service publique” pendant la crise

La chaîne France 4 est dorénavant défendue à l’Assemblée Nationale après avoir fait preuve d’une utilité publique dans le cadre de cette crise, avec une bonne réactivité pour proposer du contenu éducatif durant le confinement.

La fermeture de la chaîne jeunesse du groupe France Télévisions est prévue pour le 9 août prochain en même temps que France Ô, mais son efficacité durant l’épidémie de Coronavirus pourrait lui permettre de sauver sa peau.

France 4 a presque immédiatement réagi au confinement

La chaîne a , quelques jours seulement après l’annonce du confinement, revu sa grille de programmes pour s’adapter aux besoins des Français, et notamment des enfants qui n’allaient plus à l’école. France 4 s’est ainsi mis à proposer cinq heures de programmes éducatifs et de cours par jour, où des professeurs donnent des cours de français, maths ou anglais etc… pour tous les niveaux scolaires.

Une aubaine pour les jeunes Français qui n’avaient plus cours, et qui ont répondu présent avec 2 millions d’enfants ayant entre 4 et 14 ans qui ont regardé les programmes de la marque Lumni. Et cette initiative a été remarquée par de nombreux députés à l’Assemblée Nationale, qui demandent ainsi à sauver la chaîne de sa fermeture.

Cette fermeture ne peut plus être d’actualité” explique le président de la commission des Affaires Culturelles dans Le Parisien. Lors d’une audition avec le Premier ministre, il a expliqué juger que ces programmes devaient continuer à être diffusés tout l’été, pour assurer une possibilité aux enfants d’étudier après une fin d’année scolaire chamboulée par l’épidémie de Covid-19. Il ajoute que pour lui, à la rentrée

Un nouveau France 4 pourrait émerger de cette crise

Il ajoute qu’à la rentrée, la chaîne ne sera plus la même. ” Après la crise, il va falloir continuer à proposer une chaîne gratuite avec des contenus éducatifs. Car ça permet de ne pas exclure les enfants qui ne reçoivent pas Internet chez eux ou qui n’ont à disposition ni ordinateur ni tablette. ” explique-t-il. “Nous avons définitivement besoin d’une chaîne dédiée à la jeunesse” ajoute également Frédérique Dumas, députée des Hauts-de-Seine. Aurore Bergé, la rapporteuse de la réforme de l’audiovisuel est également du côté de la chaîne, jugeant que “ France 4 a montré son utilité de service public.

Si France Télévisions développe des plates-formes pour la jeunesse comme Okoo et Lumni, la députée Aurore Bergé estime que ces services ne sont qu’un complément du linéaire : ” Sur le numérique, les enfants choisiront ce qu’ils veulent regarder. Une chaîne de télévision classique favorise la prescription, la découverte, les contenus éducatifs et culturels “. D’autant plus que d’après le Parisien, certains cadres de France Télévisions ont également des réserves concernant la fermeture de France 4, qui ne permettrait pas vraiment au groupe de faire des économies. Notamment du fait des promesses de Delphine Ernotte a promis d’augmenter les investissements dans l’animation et de basculer les dessins-animés sur France 3 et France 5, privant ainsi les chaînes restantes d’une partie de leurs revenus publicitaires. 

Cependant, rien n’est joué pour l’instant pour la chaîne jeunesse. Le délégué général du Syndicat des producteurs qui est un fervent défenseur de France 4 reste lui-même prudent, car si l’annulation ne se fait pas le 9 août prochain, elle pourrait simplement être repoussée à quelques mois ou à l’année prochaine. Les cartes sont dans les mains du Premier ministre concernant le maintien de la chaîne, mais d’influents élus militent au parlement pour la sauver. Il reste à voir si l’annonce d’Emmanuel Macron le 13 avril, concernant la réouverture des crèches et écoles le 11 mai pourrait faire relativiser sur la nécessité de France 4 et de ses contenus éducatifs.