5G : ça va trop vite pour deux ONG, qui déposent des recours devant le Conseil d’État

5G : ça va trop vite pour deux ONG,  qui déposent des recours devant le Conseil d’État

Opposés à la 5G au motif d’un manque de concertation et de risques pour les personnes et l’environnement, Agir pour l’Environnement et Priartem-Électrosensibles passent à présent la seconde. Les deux ONG viennent en effet de déposer des recours devant le Conseil d’État.

Fin janvier 2020, Agir pour l’Environnement et Priartem-Electrosensibles de France avaient part de leur intention d’aller en justice pour faire annuler l’arrêté publié fin décembre 2019 dans le Journal Officiel et officialisant le lancement de la procédure d’attribution des fréquences de la 5G en France. Et ce, avant le 25 février 2020, date limite pour le dépôt des candidatures des opérateurs.

Les deux ONG passent à présent à l’action, comme l’a confirmé leur avocat François Lafforgue. Lundi après-midi, elles ont en effet déposé quatre recours devant le Conseil d’État, deux au fond et deux en référé-suspension, qui visent l’arrêt et le décret.

Des risques pour l’homme et l’environnement

Pour rappel, Agir pour l’Environnement et Priartem-Electrosensibles évoquent les risques des points de vue sanitaire, environnemental et sociétal, des risques n’ayant pas assez fait l’objet de discussions en amont. Elles parlent en effet des risques liés aux ondes, du phénomène de l’hyperconnexion, de la hausse de la consommation énergétique et de l’aspect écologique avec le remplacement des terminaux et des infrastructures. Est également pointée du doigt la consultation publique sur les textes, dont la durée est jugée trop courte et dont les résultats auraient dû être mis en ligne.

Lors d’une conférence de presse, l’avocat François Lafforgue a été clair concernant les intentions des ONG : “Nous demandons le gel du déploiement de la 5G”.

Une épine supplémentaire dans le pied des opérateurs

Alors que l’Orange, Free, Bouygues Telecom et SFR doivent lancer les premières offres commerciales 5G en juillet et qu’ils restent encore dans le flou concernant les équipements (ceux de Huawei, plus précisément) en attendant les premières autorisations ou premiers refus de l’Anssi, promis en février, voilà un nouveau bâton qui se glisse dans leurs roues. Rien de surprenant, cela dit. On pouvait en effet s’attendre à une action du côté des anti-ondes. 

C’est sans compter les récentes attaques de CFE-CGC Orange qui a lui aussi décidé d’un recours devant le Conseil d’État, pour demander l’annulation du décret et de l’arrêté adoptés par le gouvernement dans le cadre de la procédure d’attribution des fréquences pour la 5G. Le syndicat déplore en effet qu’à aucun moment le mot “emploi” n’ait été prononcé. Il estime que l’emploi doit, comme à l’époque de la 3G et de 4G, faire partie des engagements du côté des opérateurs télécoms.

Source : AFP