Fibre coupée, sabotages d’antennes : les opérateurs s’arment pour se protéger

Fibre coupée, sabotages d’antennes :  les opérateurs s’arment pour se protéger

Détecteurs de mouvements, câbles enterrés, serrures connectées, les opérateurs agissent pour protéger leurs réseaux, de plus en plus attaqués.

Fibre coupée, pylônes enflammés, les sabotages pullulent et Impactent les abonnés, tout en occasionnant aussi des préjudices financiers côté opérateurs. 30 dégradations volontaires par mois sur les réseaux fixes entre novembre et avril dernier, annonce la FFT, et au moins 15 sur le mobile, il faut donc agir. Face à une accélération des attaques sur leurs infrastructures, les opérateurs continuent de prendre des mesures pour mieux se protéger.

Comme le rapporte Les Échos, des détecteurs de mouvements et d’éclairage automatique ont été mis en place  au pied des sites mobiles, la France comptant 60 000 supports 4G et 35 000 en 5G. Des câbles électriques ont par ailleurs été enterrés.

Pour sa part, Orange poursuit ses tests en équipant de serrures connectées certaines armoires fibre de rue, de quoi se passer des clés triangles. Selon l’opérateur historique, le nombre d’alertes en provenance des abonnés a été divisé par deux. Présenté le 19 mai 2021 en marge de la signature d’une convention entre Orange et la commune de Saint-Ouen-sur-Seine en Seine-Saint-Denis, ce  dispositif permet aussi de photographier l’intérieur de l’armoire avant et après l’intervention de chaque technicien. Autre avantage de cette innovation pensée pour éviter les coupures d’internet grâce à l’IA et l’internet des objets, celui de déclencher rapidement l’intervention de la police municipale lorsqu’un acte de vandalisme est commis.

Mais pas seulement, il s’agit également de surveiller l’intervention des techniciens à l’heure où la qualité des raccordements pose aujourd’hui souvent problème. « Nous espérons qu’en facturant la remise en état des armoires endommagées à chaque opérateur en étant responsable, ceux-ci seront incités à améliorer la qualité de leurs interventions », avait souligné Patrice Cointe, directeur de l’unité d’intervention d’Orange Ile-de-France. 

Les telcos expérimentent aussi la vidéosurveillance bien qu’il soit inconcevables d’équiper tous les pylônes. Cela pourrait être utile sur les sites isolés qui sont très régulièrement visés par des attaques.

Pour rappel, une convention nationale a été signé en mars 2021 entre les opérateurs et le ministère afin d’améliorer les relations dans 44 département entre les telcos, la gendarmerie ou encore la préfecture.

Pour Arthur Dreyfuss, ex- président de la FFT et secrétaire général d’Altice France, la réponse aux sabotages doit également se traduire par des peines plus lourdes. “Pour les dégradations d’antennes, les amendes vont, selon le Code des procédures civiles d’exécution (CPCE), de 1.500 à 3.750 euros. Elles sont accompagnées d’une peine de prison de deux ans. Le code pénal, lui, prévoit deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende pour toute dégradation ou détérioration d’un bien” a-t-il fait savoir en mai.

Orange déjà 2 ans d’action

En juin 2020, Orange avait déjà affiché son intention de s’emparer du problème. L’opérateur historique indiquait en effet préparer la riposte en lien avec les forces de l’ordre. Il s’agissait de conseiller et diligenter les enquêtes, afin d’organiser des rondes de police et de gendarmerie ou encore de sociétés privées. En outre, l’opérateur voulait mettre en place un vaste plan de communication, basé sur des panneaux de vidéosurveillance sur les sites, mais aussi grâce à des messages envoyés à la presse. Bref, sensibiliser les forces de l’ordre au problème d’un côté et dissuader les attaquants de l’autre.