Factures impayées : les pratiques d’Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom épinglées par 60 Millions de consommateurs

Factures impayées : les pratiques d’Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom épinglées par 60 Millions de consommateurs

En cas de défaut de paiement, “SFR est le plus vorace, Bouygues et Free ne sont pas en reste” déplore l’association.

Les mauvais payeurs sont sanctionnés, mais parfois la punition s’avère être une “double peine“. L’association de consommateurs s’est en effet penchée sur les pratiques de divers secteurs en cas de facture impayées et dans le milieu des télécoms, la facture peut s’avérer salée. En comparaison aux frais prélevés par le secteur de l’énergie par exemple, les montants ponctionnés par les opérateurs “sont encore plus importants” en cas d’impayés.

SFR , l’opérateur le plus “vorace”

Considéré comme le plus gourmand sur ce point par 60 millions de consommateurs, SFR applique des frais supplémentaires en cas de rejet de prélèvement pour insuffisance de provision. 10,50€ seront directement prélevés si la facture de votre box n’est pas réglée et en cas de prolongation de la situation, il faudra compter sur 50€ de frais de déconnexion et 49€ de frais de résiliation supplémentaires.

Même sur le mobile, les montants peuvent grimper selon le moyen de paiement. L’association de consommateurs explique en effet que 10.50€ sont prélevés en cas de manquement s’il se base sur un virement, mais le tarif monte à 22.50€ en cas de paiement par chèque et 22€ si vous payez par carte. Et même en cas de régularisation, l’abonné se devra de payer des frais de remise en service de 7.50€, y compris chez Red by SFR.

Pour 60 millions de consommateurs, ces frais “paraissent disproportionnés quand on les compare au montant de la facture mobile moyenne de 14.60€ selon l’Arcep“.

Des cas curieux chez Bouygues Telecom et Free

Un rejet de prélèvement chez Bouygues Telecom s’élèvera à 10€, mais certaines prestations mises en place par l’opérateur paraissent étranges, notamment au niveau de la régularisation par carte en boutique, où des frais supplémentaires de 7.50€ sont appliqués.

Du côté de l’opérateur de Xavier Niel, le paiement par prélèvement automatique est privilégié avec notamment l’obligation, en cas de volonté de régler son abonnement Freebox par un autre moyen, de déposer une garantie de 400€. Mais si le prélèvement mensuel est rejeté faute de solde, une pénalité d’1€/jour de retard sera appliquée, dans la limite de 7,50€ par facture. Mais parfois, le système s’emballe, explique l’association à travers un témoignage.

L’opérateur propose en effet un avantage pour ses abonnés Freebox optant pour un forfait voix, qui passe ainsi de 2€ par mois à 0€. Mais parfois, de curieux soucis peuvent intervenir, comme l’explique Christophe, abonné Freebox : “Tous les mois [Free] m’envoie un mail avec 1€ ou 7.50€ de pénalités pour défaut de paiement sur mon forfait à 0€ et ils menacent de suspendre la ligne. Elle est rattachée à ma Freebox et je n’ai aucun souci de paiement depuis des années. Ils ne savent pas expliquer le pourquoi du comment… J’ai reçu aujourd’hui un mail de leur service contentieux pour 1€. Je n’ai pas envie de payer, même si ce n’est que 1€“.

Chez Orange, les mauvais payeurs fichés

Pour l’opérateur historique et sa filiale Sosh, pas d’attaque directe au portefeuille. En cas de défaut de paiement à l’échéance, l’opérateur inscrit l’abonné au fichier Préventel. Celui-ci devra ainsi montrer qu’il est dans les clous pour récupérer sa connexion ou sa ligne téléphonique.

Le système n’est cependant pas parfait et quelques bugs subsistent. En théorie, une fois la situation régularisée, l’abonné sort de la “liste noire” de l’opérateur, mais pour Patrick, qui a déjà été confronté au problème, c’est plus compliqué que cela. “Tout a été régularisé mais pour obtenir une Livebox, on me demande un dépôt de garantie de 400€“. Un cas observé également pour les forfaits mobile, où d’anciens mauvais payeurs sont contraints de déposer 400€.

L’association juge que ces frais appliqués par les opérateurs, entre autres, en cas de mauvais paiement ne sont pas forcément justifiés. Elle critique notamment le manque de réciprocité et juge que d’autres outils pourraient être plus efficaces, sans pour autant “enfoncer davantage un client en difficulté en le ponctionnant“.