5G : l’industrie française en retard, de nouvelles fréquences seront allouées

5G : l’industrie française en retard, de nouvelles fréquences seront allouées

Le gouvernement s’est vu remettre un nouveau rapport se penchant sur le manque d’initiatives des industriels autour de la nouvelle génération de téléphonie mobile.

Pourquoi les industriels n’expérimentent pas davantage sur la 5G ? Un rapport se posant la question a été remis jeudi aux ministères de l’Industrie et du Numérique. Les responsables politiques des deux secteurs, Agnès Pannier-Runacher et Cédric O examinent désormais les sept mesures proposées, soutenues par une liste d’entreprises. Si Cédric O affirme que la France “n’est pas spécialement en retard” sur l’utilisation de la 5G dans l’industrie française, il admet “qu’il ne faut plus en prendre“.

Si certaines entreprises comme ArcelorMittal ou SNCF ont soutenu l’approche volontariste du gouvernement pour que la 5G s’intègre chez les industriels, la majorité est assez “attentiste”, selon le rapport. D’après les auteurs, un grand nombre d’industriels n’a”aucune conscience des enjeux qu’elle représente pour le futur de leurs activités“. Si pour Agnès Pannier-Runacher, il faut sensibiliser davantage ces acteurs, le rapport pointe du doigt certains points de blocages.

Un choix remontant à 2019 est d’ailleurs vivement critiqué par les auteurs du rapport : celui de ne pas attribuer de spectre aux industriels à l’occasion des enchères 5G réalisées par l’Arcep. Si dans certains pays comme l’Allemagne, les industriels peuvent en effet accéder à certaines fréquences, en France elle est réservée aux opérateurs télécoms et son accès pour les acteurs de l’industrie n’a pas été facilité. Lors du débat autour de ce sujet, l’Arcep avait proposé deux solutions : utiliser une autre bande de fréquence, autour de 2,6 GHz, pour construire des réseaux 4G privés qui pourraient ensuite basculer vers la 5G ou pouvoir demander aux opérateurs détenant leur licence 5G d’en profiter dans leurs usines.

De nombreuses plaintes ont été émises, estimant que les opérateurs ne jouent pas le jeu. Si les opérateurs doivent, par obligation, faire droit “aux demandes raisonnables” des industriels,  cette notion est jugée trop floue. Quant à la solution d’accéder à du spectre, elle ne convient pas vraiment au milieu. Jugé “insuffisant” et “trop compliqué“, le guichet est également critiqué pour son tarif jugé trop élevé pour tester une technologie nouvelle : 70 000€ pour obtenir un droit d’émettre sur 100 km², une zone jugée trop large. Ainsi, seules 12 autorisations ont été délivrées à ce jour,  contre quatorze fois plus chez nos voisins allemands.

Le rapport recommande ainsi, dans sa première proposition, de “faciliter et élargir l’accès à des fréquences dédiées pour créer un appel d’air pour les projets industriels“, soit changer complètement d’approche. Certaines solutions sont évoquées, notamment en visant des bandes plus hautes (3,8-4,2 GHz) avec l’annonce de Cédric O, affirmant que l’Etat travaillerait à l’ouverture d’un nouveau guichet tout en revoyant les conditions d’accès à la 2.6 GHz.

« La question des fréquences n’est pas le principal point bloquant. Il ne faut pas que cela soit l’arbre qui cache la forêt » relativise Agnès Pannier-Runacher. Il faudra également pousser les entreprises à faire preuve d’enthousiasme, notamment via la diffusion de supports pédagogiques, créer des formations spécialisées, financer le développement d’équipements compatibles clés en main… « Il faut surtout que nous ayons, comme en Allemagne, des centres de test grandeur nature, explique Michel Combot, le directeur général de la Fédération française des télécoms. Il y a beaucoup d’initiatives en France, mais aucun endroit de plusieurs milliers de mètres carrés pour simuler une large chaîne de production, reconfigurable grâce à la 5G. » Notons par exemple les 5G Lab d’Orange mis à disposition des industriels ou encore une récente initiative proposant une 5G 100% Française.

Source : Les Echos