Fibre optique : un sous-traitant non payé passe à l’offensive et coupe la connexion aux abonnés

Fibre optique : un sous-traitant non payé passe à l’offensive et coupe la connexion aux abonnés

Pas de paiement pour les travaux réalisés, plus de connexion pour les abonnés. Faute de règlement de la facture pour plusieurs chantiers, un sous-traitant décide de débrancher la fibre optique.

“Ce n’est pas du vandalisme. Je défais les travaux pour lesquels je n’ai pas été payé”, estime Christophe Petit, à la tête C4TP, société de génie civil et de travaux publics ayant réalisé des chantiers pour le déploiement de la fibre optique. À la clé : des déconnexions côté abonnés.

Plus de 200 000 euros en attente de paiement, des menaces de mort

Installée à Vouzy, la structure a réalisé des travaux pour le déploiement de la fibre optique dans la Marne et les Ardennes, entre les mois de janvier et d’août 2021. Sauf qu’elle n’aurait pas récupéré le règlement pour plusieurs chantiers. Celle-ci aurait obtenu moins de la moitié des sommes et il lui manquerait ainsi 224 756 euros.

D’où la volonté pour son responsable Christophe Petit de se faire entendre, alors qu’il ne peut pas payer ses fournisseurs et prestataires. “Je n’ai pas pu verser le salaire de mon salarié depuis novembre. Ni régler mes fournisseurs ou l’Urssaf. J’ai dû emprunter de l’argent à mes proches pour payer des prestataires, dont certains sont autoentrepreneurs et se retrouvent eux aussi en difficulté. J’ai reçu plusieurs menaces de mort. Je dois 150 000 euros”, explique-t-il, alors qu’il multiplie les démarches auprès des élus, du bureau d’études Laudis qui lui a confié les chantiers et de Losange chargé du déploiement de la fibre dans le Grand Est et ayant sollicité Laudis.

“J’ai proposé une délégation de paiement, c’est-à-dire que Losange déploiement me paie directement pour les travaux effectués, sans passer par l’intermédiaire de Laudis. Mais pour cela, il faut l’accord de Laudis”, ajoute-t-il. Sauf qu’un plan de redressement est passé par là, avec un changement de président à la clé. “Il faut la signature de l’ancien et du nouveau. Ils n’honorent aucun rendez-vous”, dénonce Christophe Petit. Une plainte a finalement été déposée mi-janvier auprès du tribunal de grande instance de Châlons-en-Champagne. “Cette affaire ne met pas que C4TP en difficulté. Ses répercussions affectent d’autres personnes qui se retrouvent dans la misère sociale”, déplore Christophe Petit.

Laudis coincé, Losange souligne l’absence de preuves

Rachid Aissaou, président de Laudis depuis novembre dernier, explique ne pas pouvoir payer et pourquoi. “Il y avait à la clef un contrat avec Losange”, indique-t-il. Sauf que “Losange ne l’a pas renouvelé”. Concernant les travaux, Rachid Aissaou explique avoir découvert que “quatre attachements de C4TP validés par un service de Losange ont ensuite été annulés par un autre service”. D’où l’absence des paiements correspondants pour un montant “de l’ordre de 180 000 euros” et l’impossibilité de payer C4TP. “Du côté de Losange, il n’y a plus ni son ni image, impossible de les joindre”, déplore Rachid Aissaou qui envisage à présent de se tourner vers le tribunal de commerce.

“En principe, C4TP n’étant pas agréé, le seul interlocuteur de Losange déploiement est Laudis, dont les responsables sont injoignables. Losange déploiement voulait bien discuter, mais C4TP n’a pas été en mesure d’apporter la preuve qu’il avait effectué des travaux”, explique Maître Xavier Pietra, pour Losange. “Losange déploiement ne pouvait ignorer que certains chantiers confiés à C4TP étaient hors de son budget et de celui de Laudis”, dénonce par ailleurs Christophe Petit. Ce à quoi Maître Xavier Pietrarépond : “Ce serait un marché à perte, ce qui est interdit, en plus d’être illogique”.

Source : L’Union